Science et Pseudo-Sciences n°242

Sommaire

Éditorial p. 1 Du côté de la science p. 2 Le pétrole de l’Erika : les risques de cancer ? (Bernard Pierquin) p. 7 Scepticisme, empirisme et démarche scientifique (Jean Bricmont) p. 10 Astrologie et astronomie au XVIIe siècle : déterministe astral ou charlatanisme (Micheline Grenet) p. 19 L’an 2000 n’est plus ce qu’il était (Dominique Caudron) p. 23 Mémoires d’outre-mer (Jacques Poustis) p. 26 Petites nouvelles (Gourous, voyants, fakirs…) p. 31 Crèmes amincissantes : un placebo acceptable ? (Monique Hoa) p. 36 Livres et revues p. 38 Lecteurs p 40 Vers une Union Internationale pour l’Information Scientifique (Jean-Claude Pecker) p. 46 Les chroniques de l’Hyper-Paranormal (José Tricot) p. 47

L’édito

Feu le Comité des sciences de l’ORTF

Avant les paraboles et leurs très nombreuses chaînes, avant le câble, avant les 6 chaînes diffusées à tous, avant TF1, France 2, France3… il y avait une fois l’ORTF, elle-même issue de la RTF, Radio-Télévision Française.

En ces temps heureux, où le choix du spectateur était limité, mais où cette limitation imposait une grande qualité, on pouvait voir et écouter des émissions de large information scientifique, à des heures de grande écoute. Il y avait celles d’Étienne Lalou, celles de Robert Clarke et Nicolas Skrotsky, celles de Jean Lallier et Monique Tosello, plus tard celles de Laurent Broomhead. D’autres encore… Nous en avons gardé une certaine nostalgie…

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La qualité des émissions scientifiques était contrôlée. Il ne pouvait pas passer une émission d’astrologie autrement que sous la rubrique "variété"… Encore avait-on aussitôt le contre-poison. En effet, un "Comité des Sciences" existait, composé de savants reconnus. Ce Comité visionnait les émissions scientifiques, il les faisait corriger parfois, pour plus de clarté sur le fond, ou pour éviter des interprétations erronées. Il combattait, voire contrait et empêchait, les émissions diffusant les pseudo-sciences. Il suggérait des thèmes d’émission. Ce Comité comprenait des personnalités comme Claude Lévi-Strauss, Étienne Wolff, Paul Montel, Paul Couderc, Pierre Auger, Jean Stoetzel… et bien d’autres. J’en ai, un temps, fait partie.

Puis, avec les nouvelles chaînes,… plus rien ! Les fausses sciences d’abord s’étalent, de façon symétriques des vraies, comme si il pouvait y avoir une symétrie entre l’erreur et la vérité, entre le réel et le faux. Pour éviter d’être critiquées sur cet étalage d’astrologie vaseuse, les chaînes ont préféré limiter la place des sciences, se restreignant aux sciences du vivant et à la médecine. Aujourd’hui hélas, les émissions scientifiques sont donc très réduites. Les sciences naturelles seules gardent une part notable, surtout sur Arte. Il y a aussi E=M6 qui a ses mérites. On peut saluer quelques timides essais : la série "Tours du Monde, tours du Ciel", par exemple, naguère, de Robert Pansard-Besson, diffusée à des heures impossibles, bien entendu… Il y a quelques autres exemples, très rares 1… Mais la flamme de la connaissance scientifique semble éteinte…

Il est évidemment souhaitable de faire évoluer cette situation vers une meilleure information du public, en particulier du public jeune. Il nous semble utile que l’on établisse, au moins dans l’audiovisuel public (à FR2, FR3 et 5e-Arte) un nouveau "comité scientifique" fort, et qui soit investi des mêmes pouvoirs multiples que l’ancien. Ce souhait devrait être considéré comme acceptable par notre Ministre de la Communication. Ceux de nos lecteurs qui ont un point de vue sur cette question sont invités à nous le faire connaître afin que, forts d’une argumentation détaillée, nous puissions mener une action efficace.

Jean-Claude Pecker

1 Signalons encore la toute récente émission de Sylvain Augier sur France 3 ("Pourquoi ? Comment ?") consacrée au paranormal mais dont la tonalité critique tranche avec ce que l’on a pour habitude de nous présenter à une heure de grande écoute sur une chaîne généraliste.

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