Science et Pseudo-Sciences n°273

Sommaire

Éditorial. La presse et les pseudo-sciences p. 1
- Du côté de la science p. 2
- Fleurs de Bach : une action avérée sur l’esprit critique - (Richard Monvoisin) p. 10
- Groupes sanguins, psychologie et alimentation (Nadine de Vos) p. 21


LES TROUBLES DES CONDUITES CHEZ L’ENFANT ET L’ADOLESCENT
- Une expertise collective de l’Inserm
p. 26
- Polémique autour de l’expertise de l’Inserm (Gilbert Lagrue) p. 27
- Délinquance : l’irrationnel des prédictions précoces (Agnès Lenoire) p. 34


- Le « Monde » des sourciers (Jean Günther) p. 38
- Petites nouvelles, gourous, voyants... p. 42
- Livres et revues p. 45
- Lecteurs et internautes p. 50
- Sornettes sur Internet. Les champs morphiques p. 54
- Débat (réponse à Bernard d’Espagnat) : Physique et matérialisme (Jean Bricmont) p. 57
- Mots croisés (Michel Barbe) p. 64


Dans l’encart central :
L’AFIS a tenu son assemblée générale annuelle.


L’édito

La presse et les pseudo-sciences

L’une des missions que se donne notre association est d’améliorer la diffusion de la culture scientifique. Nos moyens sont faibles, certes, mais notre rôle, à défaut de toucher directement un large public, peut entre autres consister à observer comment les médias favorisent, ou au contraire entravent, la progression vers cet objectif.

Lire la suite

Limitons-nous ici au domaine de la presse quotidienne écrite. Chacun peut observer la faible part de la science dans ses colonnes. Bien des journaux, pas tous heureusement, publient l’horoscope du jour ou les élucubrations des astrologues. Mais le plus grave n’est peut-être pas là : il serait plutôt dans la publication d’articles, de reportages, d’analyses, trahissant leur totale méconnaissance de l’approche scientifique des phénomènes décrits, donnant la parole à des experts autoproclamés et à des charlatans sans scrupules.
Notre précédent numéro analysait une dérive particulièrement caractéristique parue dans un quotidien de province 1.

Cette presse, jouissant très souvent d’un monopole régional doit plaire à tous et ne se prive pas, au surplus, de publier des horoscopes : personne n’ira prendre ses articles pour référence. On peut essayer de l’excuser. Mais qu’en est-il des journaux nationaux qui se veulent sérieux, qui ne publient pas d’horoscopes, et qui souhaitent, eux, être des références ?

On trouvera dans le présent numéro une analyse d’un article récent du Monde qui, sur le plan de la complaisance pour les pseudo-sciences et le charlatanisme, n’a rien à envier à son confrère régional. Le même quotidien, quelques jours plus tard, vantait les mérites thérapeutiques du « qi gong », sorte de gymnastique chinoise supposée assurer le bien-être en faisant circuler l’énergie vitale dans les « méridiens » des acupuncteurs. À l’heure où la Chine se dégage des vieilles superstitions qui ont si longtemps entravé son développement, la popularité de ses thérapeutiques traditionnelles occidentalisées fait du reste sourire bien des Chinois.

On n’oubliera pas, au surplus, la complaisance passée du même journal pour la « fusion froide » et la « mémoire de l’eau ».

Si, comme nous l’avons maintes fois réclamé, l’École, dés le plus jeune âge, dispensait une culture scientifique de base, pratique et sérieuse, peut-être les journalistes seraient-ils plus prudents et plus raisonnables et éviteraient-ils de diffuser sans esprit critique les propos de charlatans ou de scientifiques marginaux utilisant les médias pour propager des idées non validées par leurs pairs.

1 SPS n° 272, p. 46, « L’irrationnel à la une », à propos d’un article de Paris-Normandie : « Vous êtes malade ? Soignez votre maison ».

Ce numéro est disponible en version papier

Acheter