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Astéroïdes : la Terre en danger - Fin du monde, les vraies raisons

Publié en ligne le 1er mai 2013
Note de lecture de Arkan Simaan - SPS n°304, avril 2013

La fin du monde était-elle vraiment programmée pour décembre 2012 ? Voici ce que pouvait suggérer le titre du livre de Jean-Pierre Luminet, paru trois mois avant la date fatidique : Astéroïdes : la Terre en danger. Avec ce sous-titre : Fin du monde : les vraies raisons. Chacun d’entre nous se souvient du contexte : quelques hallucinés qui avaient prédit notre destruction imminente avaient été relayés par une certaine presse avide de vendre à tout prix D’après ces farfelus, deux anéantissements nous menaçaient en décembre, celui qui découlait du calendrier maya, et un autre tout aussi effroyable : le choc frontal avec une planète inconnue, Nibiru, ainsi dénommée en hommage à un dieu babylonien. Jean-Pierre Luminet, directeur de recherches au CNRS, talentueux vulgarisateur scientifique, auteur de nombreux ouvrages scientifiques de référence, aurait-il, lui aussi, succombé à l’irrationalité ? Certainement pas ! La meilleure preuve en est ce beau chapitre (« Les fêlés de l’apocalypse », pp. 217-228) qui règle leurs comptes à ceux qui propagent des folies apocalyptiques. Mais la couverture d’un livre appartient à l’éditeur, pas à l’auteur. On peut donc soupçonner le Cherche Midi d’avoir voulu accroître ses ventes chez ces adeptes de l’apocalypse.

Le livre, Astéroïdes : la Terre en danger, se divise en deux parties inégales, la moins importante se chargeant de dénoncer les prétendues prédictions du calendrier maya. Le gros de l’ouvrage s’attarde plutôt sur les informations scientifiques concernant les objets errants de l’espace. Certains chapitres ne sont qu’une refonte du Feu du ciel, publié en 2002 chez le même éditeur. Reprise, certes, mais reprise actualisée et améliorée : en effet, la présentation du Feu du ciel, excessivement basée sur des coupures de presse, mélangeait trop les sujets.

La Terre serait-elle donc à l’abri d’une destruction par collision avec un objet du ciel ? Certainement pas : nous sommes au contraire quotidiennement bombardés par de la matière céleste, souvent sous forme de poussière et de petits cailloux, mais aussi, parfois, de météorites capables d’engendrer des catastrophes, tel ce bolide qui, d’après Luis et Walter Alvarez, aurait anéanti les dinosaures il y a 65 millions d’années… Plus récemment, le 23 février 1950, un dangereux bolide de 1 km fut aperçu : en 2000, il acquit le nom 2000YK66 (p. 249). Mais le risque d’une collision avec lui a été renvoyé en l’an 2880 ! Ouf : nous avons donc le temps de nous autodétruire avant ! Un autre bolide peut également nous alarmer, Apophis, nommé d’après le dieu égyptien des forces maléfiques (pp. 205-206) : avec trois cents mètres de diamètre, il pourrait détruire un pays comme la France. À sa découverte en 2004, on avait estimé à 1/200 sa chance de percuter la Terre (en 2029). Il fut donc classé au niveau 4 de l’échelle de Turin (échelle de 0 à 10 caractérisant le risque d’impact). Des calculs postérieurs ont cependant réduit cette probabilité à 1/250 000 (en 2036), ce qui l’a fait redescendre au niveau 0 de l’échelle.

Y a-t-il un moyen de dévier et d’éloigner de nous ces objets tueurs ? Pour la réponse, lisez donc ce livre si beau et si riche de Jean-Pierre Luminet. Il devrait intéresser toute personne curieuse.

Publié dans le n° 304 de la revue


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