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Cellules souches embryonnaires humaines

Publié en ligne le 12 juillet 2007 -
par Michel Naud

D’après une communication de l’INSERM 18 juin 2007.

Les cellules souches sont à l’origine de tous les tissus biologiques, elles jouent un rôle très important dans le développement et la régénération de l’organisme. Ces cellules indifférenciées sont en effet capables de se différencier en un type de cellule donné et donc de restaurer des organes. Elles font l’objet de beaucoup de recherches actuellement. Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir exploiter cette capacité pour développer des thérapies cellulaires afin de régénérer des tissus endommagés, voire de créer de toute pièce des organes. Les cellules souches sont présentes chez l’embryon, mais aussi chez l’adulte. Néanmoins, elles sont beaucoup plus rares dans l’organisme adulte et moins pluripotentes : les cellules souches adultes ne peuvent pas, en général, donner un autre type de tissus que le leur.

Etant une des premières équipes en France à avoir été autorisée à travailler sur ce type de cellules, l’équipe de Michel Pucéat à l’Unité Inserm 861 (I-stem), unité dirigée par Marc Peschanski, vient de publier dans la revue Stem Cells les premiers travaux français sur des cellules souches embryonnaires humaines.

Les chercheurs se sont intéressés aux cellules souches embryonnaires pour régénérer le tissu endommagé du coeur dans les cas de défaillance de sa contractilité. Cette pathologie est une des principales causes de mortalité dans la plupart des pays développés, y compris la France. Dans un coeur défaillant, une partie du muscle cardiaque (myocarde) est endommagée, le tissu sain est remplacé par du tissu fibrotique et non contractile. Le myocarde perd donc de son élasticité, il ne se contracte plus correctement et ne peut plus remplir pleinement sa fonction. Pour les patients souffrant de défaillance cardiaque, la pharmacologie reste plutôt limitée. Étant donné la faiblesse des capacités de régénération du coeur et le manque de donneurs pour les transplantations cardiaques, l’utilisation des cellules souches embryonnaires se présente comme un excellent moyen de restaurer un myocarde malade.

De nombreuses expérimentations ont été ou sont réalisées avec des cellules souches adultes mais la preuve de leur différenciation en cellules cardiaques (cardiomyocytes) n’a jusqu’ici pas été apportée. Par contre, sur les animaux, des études ont montré que les cellules souches embryonnaires animales pouvaient se différencier en cellules cardiaques et régénérer les tissus endommagés. L’équipe de Michel Pucéat a tenté l’expérience avec des cellules souches embryonnaires humaines qui ont été préparées pour être implantées au niveau des tissus cardiaques endommagés de rats immunodéprimés et victimes d’un infarctus. Au bout de deux mois, les chercheurs ont constaté que des cellules cardiaques humaines s’étaient développées dans la zone endommagée. Dans cet environnement propice, les cellules souches se sont différenciées en cardiomyocytes et les tissus cardiaques ont commencé à se régénérer. De plus, les chercheurs n’ont détecté ni tumeurs (tératomes) ni inflammation, effets secondaires indésirables fréquents après ce genre de transplantation.

Bien que des études biologiques supplémentaires soient encore nécessaires pour améliorer le protocole d’expérimentation et sécuriser la différenciation des cellules, c’est-à-dire éviter que les cardiomyocytes ne redeviennent des cellules indifférenciées, ces résultats prometteurs ouvrent la voie à l’utilisation des cellules souches embryonnaires dans le traitement de la déficience cardiaque quelle que soit son origine.


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