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Courriels et courriers : janvier 2008

Publié en ligne le 14 janvier 2008 - Écologie - Médecine
Publié en partie dans SPS n° 280, janvier 2008

Biologie Totale

Je vous écris au sujet de la Biologie Totale et de votre article la concernant 1. Tout d’abord, je tiens à vous dire d’emblée que je suis ingénieur en aéronautique, et que le raisonnement et la critique scientifique, je connais très bien. Je suis toujours étonné de voir combien une théorie novatrice est critiquée et détruite au début de sa diffusion. Au cours de l’histoire cela s’est vérifié souvent, avec Galilée entre autres.

Vous défendez la science sur votre site : tant mieux c’est très bien. Seulement la science doit être à mon avis au service d’un esprit de recherche. Si vous abordez une pseudo-science comme vous dites, avant de la qualifier de « pseudo », il faut pouvoir considérer qu’elle puisse être une science à part entière. Une théorie scientifique est un modèle censé expliquer un phénomène, et surtout qui est capable de prédire un résultat expérimental qu’aucune autre théorie n’a prédit avant.

J’ai lu beaucoup d’ouvrages concernant le développement personnel et la psychologie, psychothérapie... et je suis venu à m’intéresser aux rapports existants entre le psychisme et les maladies.

J’ai assisté à une conférence de Claude Sabbah et lu des livres détaillant et expliquant sa théorie. Cet homme n’a pas l’air d’un gourou ou d’un charlatan d’aucune sorte. C’est un homme profondément humain, passionné par le fait de GUÉRIR les gens (je tiens à rappeler quand même que Claude Sabbah est médecin diplômé des facultés de Paris et Marseille, mais qu’il est aussi médecin du sport et cancérologue ; concernant cette dernière spécialisation, il a été le meilleur élève durant l’année d’obtention de son diplôme avec 17/20 de moyenne générale).

Cet homme sait donc de quoi il parle. Sa théorie me semble profondément novatrice et offre un regard nouveau sur le concept de maladie et de dysfonctionnement. Seulement elle bouscule tellement de choses établies depuis longtemps par la sacro-sainte Médecine actuelle que cela fait tiquer.

Je suis intimement persuadé que la guérison d’une maladie intervient au niveau du psychisme en interrelation étroite avec le corps et que l’on sait encore bien peu de choses sur les potentialités de l’esprit/corps humain.

[Suivent des exemples familiaux vécus comme des réussites indubitables d’un acupuncteur et d’un magnétiseur] Ces quelques exemples (il y en a des tonnes comme cela) montrent qu’il y a quelque chose à creuser concernant la manifestation d’une pathologie et sa guérison. Que les opérations et les médicaments ne sont qu’un camouflet, qu’ils donnent l’illusion de guérir.

Un vrai chercheur en science, c’est quelqu’un qui constate un phénomène et qui essaie de l’expliquer, ce n’est pas quelqu’un qui observe quelque chose qui remet en cause ce qu’il sait et le qualifie alors de pseudo-science. [...]

La théorie de la Biologie Totale a le mérite d’expliquer des rapports précis entre l’esprit et le corps et de faire le pont entre beaucoup de disciplines. Est-elle parfaite ? Bien sûr que non ! Une théorie n’est jamais qu’une approximation de la réalité, Einstein avec la théorie de la relativité a généralisé la théorie de Newton, et quelqu’un généralisera sans doute dans le futur celle de la relativité. Et c’est tant mieux ! Cela signifie qu’il reste encore de formidables challenges à relever pour expliquer et comprendre le sens de l’existence humaine.

Mathieu Lavielle, courriel, 4 septembre 2007

Merci de vous intéresser à notre action. Pour ce qui concerne la Biologie Totale, j’entends bien vos commentaires mais, comme vous le dites très bien vous-même, vous êtes intimement persuadé... En tant que scientifique, vous savez très bien que la science en général et la médecine en particulier ne peuvent se contenter d’intimes convictions. Et en matière de Biologie Totale, on ne dispose de rien d’autre, la croyance en l’efficacité de la méthode étant, selon ses défenseurs, la clé de la réussite du traitement appelé « déprogrammation ». Galilée, au moins, avait sa lunette, mais il n’avait pas le droit de contredire les croyances et les écrits sacrés. Trouvez-vous réellement les cas comparables ?

Les témoignages que vous évoquez en faveur des médecines parallèles sont, hélas, les seuls « arguments » dont disposent leurs adeptes : les hypothèses formulées sont en général écrites en de tels termes qu’elles ne peuvent être contrôlées objectivement et restent irréfutables parce qu’impossibles à vérifier.

En plus de cela, il y a les victimes. Les « nouvelles médecines » n’hésitent pas à s’attaquer à des pathologies lourdes et à empêcher ou interrompre les traitements en cours – quoi qu’en dise officiellement Monsieur Sabbah – et à mettre en péril la vie des patients. »

Nadine de Vos

Cinq minutes pour la planète

Je n’ai pas trouvé d’information concernant l’opération « Cinq minutes pour la planète » qui est renouvelée après demain et au sujet duquel je me pose beaucoup de questions. Est-ce que ce mouvement n’est finalement pas plus dangereux qu’autre chose, je m’interroge sur les conséquences réelles d’un arrêt brusque de la consommation suivi d’une reprise brutale de celle-ci seulement 5 minutes après.

Marc Doridant-Rocher, courriel, 20 octobre 2007

On peut effectivement se poser la question ! Mais l’impact sur la courbe de charge nationale de ce genre d’évènement est en général assez limité, et celui du mariage d’une lady Di oud’ une finale de coupe du monde peut être plus important. Le gestionnaire du réseau d’électricité (RTE) a relevé une baisse de 0,9% de la consommation, soit 600 MW sur une puissance de 70 000 MW consommé à ce moment. Le « plan de production » d’électricité, pour un jour donné, a été prévu depuis des mois et a été ajusté jusque la veille, notamment en fonction de la météo. En face, les moyens de production adaptés sont mobilisés. Mais il y a toujours des aléas possibles : panne d’une centrale, incident sur une ligne électrique, évènement météorologique plus important que prévu. Le système électrique est organisé pour s’adapter en temps réel à ces variations, qui sont parfois instantanées dans le cas d’une panne, et bien plus brutales que l’opération 5 minutes qui, étant annoncée à l’avance, a pu être anticipée.

Mais à propos de la campagne elle-même, il est paradoxal que pour alerter sur la production de gaz carbonique, on utilise l’énergie qui, en France, produit une part très faible de ce gaz à effet de serre.

Un vain combat ? (suite)

Notre ami Martin Brunschwig a vu dans le courrier de Gérard Dussarat dans notre précédent courrier des lecteurs (Voir SPS, n° 2 78, page 53) une question assez cruciale, mais que l’on peut tout de même élargir pour ne pas s’enfermer dans l’inaction ou le découragement.

[...] Ceux qui pensent comme vous n’ont pas besoin qu’on leur redise ce qu’ils savent, et ceux qui pensent différemment... pensent différemment ! [...] Les adeptes de la pensée magique refusent de toute façon la raison en tant que telle. A cet argument qui paraît logique, on pourrait commencer par répondre que votre rôle, notamment éducatif, est une sorte de « service public » qui n’a que faire de succès ou « d’audimat » pour persévérer et être utile, et qu’il faut bien que la vérité soit publiée quel-que part au milieu du tsunami des sornettes qu’on nous sert.

Mais j’irais plus loin en disant que ce rôle éducatif me paraît primordial, tout simplement car un grand nombre de gens ne savent pas : non pas qu’ils soient ignorants, mais où auraient-ils pu apprendre un esprit critique qui n’est enseigné nulle part, au fond ? Vous le dites très bien dans votre réponse : nous nous interrogeons (et si après tout ?... un ami m’a dit que... etc.).

Pour ma part, j’ai découvert l’AFIS et son esprit critique à partir d’une interrogation que j’avais sur l’homéopathie : je voulais savoir comment « ça marchait », et je ne voyais pas de difficulté théorique majeure à soigner le « mal par le mal », puisque j’avais l’exemple du vaccin : on inocule un peu (très peu, bien sûr, mais je ne savais pas qu’il n’y avait rien [dans les produits homéopathiques]) pour développer des défenses naturelles, donc tout cela me paraissait très plausible. [...] Et c’est en cher-chant des renseignements que je suis tombé sur votre site Internet ! Je dois dire que j’ai été étonné que la « supercherie » ait pu être si totale, mais votre rôle de professeur a été déterminant, pour informer l’ignorant que j’étais. Mais bien sûr, une fois lancé, j’ai découvert d’autres domaines : même si l’astrologie m’ulcérait depuis longtemps, je n’aurais jamais cru par exemple que la psychanalyse était une charlatanerie. Grâce à vous, et avant Le Livre Noir, j’ai lu Mensonges freudiens de Bénesteau et j’ai compris qu’il y avait là une immense manipulation.

Donc votre « public », plus large qu’on ne le pense, est potentiellement constitué de tous les gens (comme moi) de bonne foi qui cherchent à savoir, mais qui ne savent pas. Ensuite, il y a les gens (encore comme moi) qui cherchaient une question précise, et qui se retrouvent informés non seulement sur d’autres domaines, mais carrément sur une méthode plus générale de doute et d’esprit cri-tique, (cf. aussi la lettre d’une lectrice qui vous parlait de l’acupuncture alors qu’elle avait été intéressée par le reste du numéro). Et enfin, il y a ceux (toujours comme moi) qui ont besoin d’aide lorsqu’ils essaient de convaincre leurs amis... Vous n’imaginez pas le poids que représente un article imprimé qu’on amène à quelqu’un qui était bien dubitatif dans une discussion, et qui, voyant ensuite cela par écrit, s’aperçoit finalement que tout cela a l’air plus sérieux qu’il ne le croyait ! Il ne s’agit pas de faire un prosélytisme forcené, mais essayer de convaincre les gens s’avère souvent très difficile. Je pense d’ailleurs qu’il manque à SPS une rubrique du style « comment vivre au mieux sa difficile condition de sceptique seul contre tous dans ce monde cruel et déboussolé »...

Bref si à toutes ces personnes directement concernées, j’ajoute ceux qui, malgré tout, peuvent changer d’avis alors qu’ils « y croient », ceux qui sont déjà convaincus, mais à qui ça fait du bien de « réviser leurs classiques » et de réentendre ce qu’ils savent pour se sentir moins seuls, et tous ceux auxquels je n’ai pas pensé, cela finit par faire du monde !

En tout cas, vos réponses aux lecteurs me donnent toujours l’impression que le mot « découragement » ne fait pas partie de votre vocabulaire, et que vous avez à juste titre conscience d’être utile. J’en témoigne avec plaisir et reconnaissance.

Martin Brunschwig

Mots-clés : Écologie - Médecine

Publié dans le n° 280 de la revue


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