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Courrier des lecteurs : janvier à mars 2016

Publié en ligne le 15 août 2016 -
SPS n° 316, avril 2016

Nous ne pouvons pas publier tous les courriers reçus, ni les publier dans leur intégralité. Les choix opérés et les coupures faites sont de la seule responsabilité de la rédaction.

Hypnose quantique

J’ai découvert avec plaisir et intérêt votre revue et ses objectifs cet été, dans le cadre d’une recherche bibliographique relative à ma thèse de doctorat en médecine consacrée à l’apport de l’hypnose. Je me permets de vous écrire à propos de l’encadré page 15 du numéro 313 […] et plus particulièrement [du] terme « hypnose quantique » […]. Les termes employés pour définir l’hypnose sont en eux-mêmes des suggestions et des métaphores préparant une éventuelle transe thérapeutique. Ainsi, parler d’hypnose quantique pourrait rendre plus acceptable pour un patient se représentant rationnel, « cartésien » et non hypnotisable, d’avoir recours à l’hypnose thérapeutique ou à d’autres thérapies brèves [...]. Forte des progrès techniques majeurs des dernières décennies, la médecine a acquis une reconnaissance l’assimilant parfois dans l’esprit des patients et des médecins à une science. Il m’a pourtant été enseigné en faculté de médecine qu’il s’agit d’un art et je constate régulièrement qu’une même situation pourra être gérée de façon opposée par deux médecins, ceux-ci présentant un argumentaire « scientifique » fait d’exemples, d’études cliniques ou de modèles physiopathologiques, aboutissant à des décisions opposées. Il me semble par conséquent tout aussi délicat de définir la nature de la médecine que celle de l’hypnose.

Kaspar

Ce que vous dites est certainement juste : les mots choisis peuvent impressionner, mais ils ne correspondent à rien. N’est-ce pas là quelque chose qui a de quoi choquer ? Qu’est-ce que cette hypnose a de « quantique » exactement ? Le mot « quantique » est mis à toutes les sauces, notamment dans les pseudo-médecines, ce qui est à la fois inapproprié et trompeur.

Il nous est souvent arrivé d’évoquer le fait que la recherche médicale est scientifique, mais pas la pratique du médecin, qui s’appuie cependant (ou devrait s’appuyer...) sur la science. Le mot « art » est sans doute lui aussi impropre, mais c’est l’expression consacrée. Pour autant, la pratique médicale a une cohérence, et ce qui en fait une science est justement que, face à une même situation, les traitements mis en œuvre par les différents médecins seront globalement cohérents et correspondent aux « bonnes pratiques » identifiées et validées.

Nicolas Gauvrit et Martin Brunschwig

Publié dans le n° 316 de la revue


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