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Curieuses histoires de la science - Quand les chercheurs se trompent

Publié en ligne le 4 juin 2011
Note de lecture de Jacques Van Rillaer - SPS n° 294, janvier 2011

294_122-123Jean Baudet est philosophe et docteur en sciences de l’université de Paris VI. Il a publié une impressionnante série de livres sur l’histoire des technologies, des industries et des sciences (mathématiques, physique, biologie moléculaire, médecine).

Le présent ouvrage est un remarquable travail de vulgarisation : clair, pédagogique, humoristique à l’occasion, captivant du début à la fin. La grande érudition de l’auteur n’a rien de pesant : elle incite à la réflexion méthodologique.

En présentant vingt-six erreurs commises par des chercheurs qui, tous, se voulaient rigoureux, J. Baudet montre comment des scientifiques célèbres se trompent et comment d’autres scientifiques parviennent à les corriger, de sorte que le savoir scientifique, en fin de compte, s’avère cumulatif. Tout en relativisant la « vérité » de la science, il suscite l’enthousiasme pour la démarche scientifique.

Partant, avec Thalès et Empédocle, des débuts de la pensée scientifique, en Grèce, au Ve siècle avant notre ère, J. Baudet évoque Hippocrate, Platon et les alchimistes, pour ensuite rendre un vibrant hommage au génie de Copernic, qui a cependant fait l’erreur de croire que les planètes se déplacent de façon circulaire. Sont ensuite présentées, selon un ordre historique, les tentatives de transfusions sanguines ignorantes des groupes sanguins, l’explication erronée de Descartes pour la rotation des planètes, le développement de la croyance aux Martiens, la théorie de la génération spontanée, les rayons N de Blondlot, la radium-mania du début du XXe siècle, le soi-disant chaînon manquant découvert à Piltdown en 1912, l’affirmation d’Einstein — le plus grand savant de tous les temps — que l’Univers est stable et éternel (Einstein finira par dire que ce fut la plus grosse erreur de sa vie), la pratique des lobotomies, les errances agronomiques de Mitchourine et Lyssenko, les débats compliqués et passionnels sur l’inégalité des intelligences, les expériences sur la mémoire de l’eau et l’homéopathie. L’ouvrage se termine sur des réflexions concernant les penseurs post-modernes qui promeuvent un néo-obscurantisme.

Ce livre n’est pas sans rappeler La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard (Vrin, 1947), mais sa présentation est nettement plus simple. L’ouvrage de Bachelard s’adressait à des universitaires préoccupés d’épistémologie, celui-ci s’adresse au grand public, y compris les grands adolescents.

Publié dans le n° 294 de la revue


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