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Galilée - Ou les délices de la question

Publié en ligne le 21 octobre 2015
Note de lecture de Christine Mourlevat-Brunschwig - SPS n° 314, octobre 2015

Galilée est l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire des sciences. Aîné d’une famille de sept enfants d’où son nom Galileo Galilei, le Galilée des Galilée, il naît à Pise en 1654. Il sera le premier savant à observer et interpréter scientifiquement le ciel avec une lunette, en découvrant la chorégraphie des phases de Vénus, le ballet des quatre premiers satellites de Jupiter ou la ronde des taches sur le Soleil au fil des jours. En constatant que d’autres corps célestes peuvent être centre de rotation, il révolutionne la vision du ciel et fera définitivement adopter le système héliocentrique de Copernic.

Mais le nom de Galilée est devenu aussi un symbole qui sert d’alibi aux charlatans. De la magnétique Elizabeth Tessier aux plus obscurs des magnétiseurs, tous se disent persécutés et se réclament de lui. Ce livre se propose de remettre les pendules à l’heure.

L’auteur récapitule avec méthode les apports exacts de Galilée. L’ouvrage est découpé en une quinzaine de courtes parties : Galilée physicien et philosophe, Galilée inventeur, Galilée explorateur, Galilée copernicien, Galilée expérimentateur… Avant lui, les savants observent, et parfois avec une rigueur extraordinaire comme Tycho Brahé, mais sans toujours comprendre. Avec lui s’ouvre une ère nouvelle, celle d’une science moderne qui s’appuie désormais sur l’expérimentation.

Le but de l’ouvrage est de servir un objectif plus que d’éclairer véritablement le rôle de Galilée d’un point de vue historique. Suivant la règle du jeu, il évolue vers un cours de zététique pour faire honneur à la collection.

Mais voir Galilée avec le seul prisme de la zététique est un peu réducteur. On regrettera l’absence d’une mise en lumière de la personnalité de Galilée en tant qu’homme de culture, évoluant de Venise à Florence et de l’influence de ce contexte culturel sur le développement de ses théories. Baignant dans une atmosphère littéraire et musicale, on notera par exemple que son père, luthier et théoricien de la musique, écrivit Dialogue de la musique antique et de la musique moderne un peu avant que Galilée ne publie son célèbre Dialogue sur les deux grands systèmes du monde.

On regrettera aussi un manque de clarté de certaines des explications scientifiques et quelques imprécisions (la lunette ne fut pas inventée par Galilée). Si l’écriture est parfois un peu négligée bien que compensée par de belles citations de Galilée, l’ouvrage sera néanmoins utile pour rétablir quelques vérités historiques essentielles.

Publié dans le n° 314 de la revue


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