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Grenelle de l’environnement

Publié en ligne le 19 octobre 2007 -
Communiqué du 19 octobre 2007

Les plus grands maux qui menacent notre planète sont l’ignorance et l’oppression
et non pas la science, la technologie, l’agriculture ou l’industrie.

Le processus intitulé « Grenelle de l’environnement » touche à sa fin. Sur un certain nombre de sujets, et notamment les questions énergétiques (dont la production d’électricité d’origine nucléaire) et les plantes génétiquement modifiées, les échanges dans les groupes de travail comme dans les débats publics ont présenté une forte charge émotionnelle.

L’Association Française pour l’Information Scientifique n’a pas pris part à ce processus.

Nous n’étions pas invités : n’étant pas engagés sur le plan idéologique dans l’activisme environnementaliste, et n’ayant non plus aucun intérêt économique ou partisan à défendre, nous n’avions tout simplement pas à être invités.

D’ici quelques jours la démocratie représentative reprendra donc ses droits. C’est en effet la Représentation nationale, s’appuyant à juste titre sur la légitimité que lui confèrent les élections, qui s’emparera des conclusions et des recommandations, consensuelles ou divergentes, de ces États généraux de l’environnement pour élaborer ce qui deviendra la loi de la République.

Notre association, « organisation non gouvernementale de la société civile », avec ni plus ni moins de légitimité que la noria d’associations éventuellement fédérées qui ont directement ou indirectement fait entendre leur voix dans le « Grenelle », consciente de la responsabilité et des devoirs de la science envers la société dans son ensemble, n’a eu de cesse de mettre en garde les autorités contre toute décision qui s’appuierait sur des arguments pseudoscientifiques ou des données fausses ou inappropriées.

Face à certains discours s’opposant au progrès scientifique, technique et industriel, et donc au développement économique et social, nous n’avons eu de cesse également de rappeler que « les plus grands maux qui menacent notre planète sont l’ignorance et l’oppression et non pas la science, la technologie et l’industrie dont les instruments, dans la mesure où ils sont gérés de façon adéquate, sont des outils indispensables qui permettront à l’humanité de venir à bout, par elle-même et pour elle-même, de fléaux tels que la faim et les surpopulations » 1.

Énergies et effet de serre

L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) se félicite du succès du colloque réuni le 10 octobre 2007 au Sénat sur le thème « Énergies et effet de serre » 2. Cette manifestation, tenue à l’initiative de l’association Sauvons le Climat et que nous sommes heureux d’avoir contribué à organiser, avec le parrainage de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Technologies, entendait attirer l’attention sur la nécessité d’une approche rigoureuse et rationnelle des politiques envisagées de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre, en pointant au passage quelques erreurs et insuffisances de solutions parfois considérées un peu rapidement comme « écologiquement correctes », tout comme les mirages des thèses « décroissancistes », qui ont trop souvent la faveur de quelques médias dits de « référence ».

Organismes génétiquement modifiés (OGM)

Bien que cela fasse désormais plus de trente ans que les biotechnologies ont fait leur apparition et sont soumises à la vigilance des commissions et agences de biosécurité, près de vingt-cinq ans que des végétaux transgéniques sont en culture, et plus de dix ans que des organismes génétiquement modifiés sont commercialisés sans encombre pour l’alimentation animale et humaine, il est indéniable que la question des organismes génétiquement modifiés cristallise beaucoup de fantasmes et de craintes infondées, alimentés par des rumeurs abondamment colportées. Qui plus est, les organismes génétiquement modifiés sont devenus les otages d’enjeux politiques qui ont bien peu à voir avec les questions scientifiques, sanitaires ou environnementales en général et les biotechnologies en particulier.

L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) se félicite du succès des diverses initiatives qu’elle a prises à Nantes le 9 octobre 2007 sur le thème « OGM, le vrai et le faux ». Elle entend poursuivre inlassablement sa mission d’information scientifique de façon que le débat politique, légitime et nécessaire, trouve à s’appuyer sur une mesure adéquate de la réalité : comme le disait le journaliste scientifique Michel Rouzé (1910-2003), fondateur de l’AFIS en novembre 1968, une action politique qui ignorerait, voire nierait, la science et la rationalité est « une action qui s’égare et qui, finalement, risque de servir ce qu’elle prétend attaquer » 3.

Afin de permettre à chaque citoyen de se faire sa propre idée, sans être manipulé ni par les groupes d’intérêts – qui existent bien évidemment de part et d’autre – ni par les marchands d’idéologie ou les prophètes de l’apocalypse, et ce en un langage accessible à tous, l’Association Française pour l’Information Scientifique a pris l’initiative de publier un numéro hors série de sa revue Science et pseudo-sciences consacré intégralement aux organismes génétiquement modifiés. Intitulé « OGM : menace, fléau ou source de progrès ? » et sous-titré « Les OGM, on peut aussi en parler calmement  », ce numéro spécial (72 pages, 5 euros) sera disponible chez les marchands de journaux à compter du 20 octobre 2007 ou sur commande par correspondance au siège de l’association. 4

Que nous nous penchions sur les impacts de l’avancement des sciences et des techniques pour notre vie collective ou sur les dommages encore bien actuels de quelques obscurantismes anciens ou modernes, l’ambition de l’Association Française pour l’Information Scientifique reste la même : donner par l’information scientifique les moyens du libre examen, sans arrogance, sans se laisser aller à l’énervement, mais sans non plus céder à la complaisance.

Paris, le 19 octobre 2007

1 Extrait de l’« Appel d’Heidelberg » (1992).

2 Les organisateurs du colloque du 10 octobre 2007 : http://www.dixoctobre2007.net/.

3 In Raison présente n° 23.

4 On se reportera aussi au dossier « OGM » du site internet de l’association.


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