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L’épinette blanche en puce

Publié en ligne le 29 octobre 2006 - Biotechnologies - SVT
par Isabelle Burgun

Les principales variations génétiques de l’épinette blanche seront bientôt en bouteille, ou plutôt sur des puces ADN. Ces outils faciliteront la sélection des meilleurs individus. Premier pas dans l’amélioration de l’espèce.

« C’est une sorte de loupe génomique qui facilitera l’identification des séquences SNPs (variations dans l’ADN qui causent des différences entre les groupes). Il sera possible de déceler une prédisposition à une mutation génétique ou encore d’établir le profil génétique d’un individu », explique Jean Bousquet, professeur titulaire et directeur de la Chaire de recherche du Canada en génomique forestière et environnementale.

Les chercheurs du Centre de recherche en biologie forestière de l’université Laval viennent de terminer la première phase du projet Arborea 1 financé par Génome Québec et Génome Canada à raison de 3 millions de dollars par an. « Nous avons retracé une grande partie du génome de l’épinette blanche, soit 15 000 gènes. » Incidemment, les arbres possèdent une très grande diversité génétique. L’épinette a dix fois plus de gènes que l’homme, relève l’écogénéticien.

Les chercheurs peuvent suivre les avancées sur le site web. Cette base de ressources génétiques de l’épinette, qui roule déjà depuis trois ans, contient par exemple les travaux du Dr Nathalie Isabel sur l’hybridation du peuplier 2.

La première phase du projet a donc permis de dresser un catalogue de 15 000 gènes et d’entreprendre une identification des variations (les SNPs). La seconde étape vise maintenant à concevoir des biopuces ADN : cette innovation facilitera le repérage des différences génétiques entre deux individus pour identifier celui qui est le plus vigoureux, le moins sensible au froid ou plus adapté à son environnement potentiel. « Ainsi, il sera possible d’identifier les SNPs favorables à la croissance, ce qui permettra de planter des individus qui poussent plus vite ou mieux que d’autres », dit Jean Bousquet. Ce projet se dote aujourd’hui d’un soutien financier supplémentaire de 14 millions de dollars de Génome Québec sur quatre ans.

La première puce, qui regroupe les SNPs de 800 gènes vient d’être produite, et remplit d’optimisme l’équipe de recherche. Mais cela pourrait être aussi une source d’information pour ceux qui désirent se lancer dans les OGM de l’épinette blanche. « Il est de notre devoir de diffuser l’information car il s’agit de fonds publics. Nous présumons que les utilisateurs sont de bonne foi et n’interviendront pas dans ce sens » tempère l’écogénéticien.


Mots-clés : Biotechnologies - SVT


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