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L’île sacrée - Décryptage et analyse d’un livre codé : la vraie langue celtique de H. Boudet

Publié en ligne le 17 décembre 2012
Note de lecture de Gabriel Gohau

Je ne sais plus pourquoi la mention de ce livre (dans un mail) a retenu mon attention, au point de le demander à l’éditeur pour en faire l’analyse. En tout cas, me voilà bien embarrassé, car l’ouvrage me tombe littéralement des mains. Je ne connais pas l’auteure, mais la 4ème de couverture me dit qu’elle se consacre à l’étude des archétypes et à l’histoire des religions après avoir exercé la profession de généalogiste et historienne des familles. Activités honorables. Mais ce qu’elle nous livre ici dépasse ma capacité d’attention.

Le village de Rennes-le-Château a retenu l’attention du public à l’occasion d’écrits sur un prétendu trésor des Templiers « attesté » par les dépenses de son curé, autour de 1900, mais que personne n’a encore, hélas, exhumé. Recherche inutile selon l’auteure : c’est vers le village voisin de Rennes-les-Bains, petite station balnéaire, que notre attention doit se porter, et particulièrement sur La vraie langue celtique, l’ouvrage, paru en 1886, de son curé, l’abbé Boudet. Lequel, bon angliciste, prétend, dans ce que les contemporains prennent pour un délire, restituer la langue originaire de l’humanité à partir de l’anglais moderne. Or, il s’agirait tout simplement (si j’ose dire, car l’entreprise dépasse de loin mes facultés de lecture) d’un texte codé (voir encadré)…

L’ouvrage de l’abbé Boudet : un texte codé ?

Voici un exemple : des N inversés, trouvés à Rennes, mènent à Rome puisqu’on peut les lire anti-haine, soit AMOR — amour en latin — donc ROMA. CQFD.

Sur le principe de cet épigraphe d’un certain Grasset d’Orcet, l’un des protagonistes de l’affaire : « noyer une phrase ou un mot dans un déluge de non-sens, tout en laissant à l’initié un fil d’Ariane invisible pour le mener là où l’auteur prétend le conduire ».

Tant pis, j’ai raté mon initiation. Dommage, car j’aurais rencontré, outre les franciscains du XIIIe siècle à l’origine du plan divin qu’on nous expose, Rabelais, Poussin, Cassini et même Maurice Leblanc. Et beaucoup voyagé : à Vézelay, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume ou Moustiers-Sainte-Marie) à la recherche du tombeau de Marie-Madeleine, et en Galice.

Reconnaissons à l’auteure l’honnêteté d’avouer, en s’adressant aux septiques (ah ces correcteurs orthographiques déficients) que l’œuvre examinée est irrationnelle. Et n’ayons garde de décourager les amateurs.


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