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L’imposteur, c’est lui - Réponse à Claude Allègre

Publié en ligne le 12 septembre 2010
Note de lecture de Jean Günther - SPS n° 291, juillet 2010

Le livre de Sylvestre HuetL’influence éventuelle des activités humaines sur le climat nous vaut un nouveau livre, qui soutient les conclusions du GIEC et peut donc être classé « réchauffiste ». L’essentiel de l’ouvrage est une réponse au livre de tendance opposée, L’imposture climatique de Claude Allègre. L’auteur est un journaliste scientifique 1 dont on connaît l’adhésion sans réserve aux conclusions du GIEC.

On ne s’étonnera pas de trouver dans l’ouvrage un inventaire minutieux des raccourcis, extrapolations, erreurs diverses du texte de Claude Allègre. Les positions en apparence plus modérées, sur le même thème, de Vincent Courtillot, sont critiquées de la même manière. Ces critiques, qui sont celles des membres les plus virulents du GIEC, sont bien connues. Elles touchent plus à des détails qu’au fond du débat.

Fallait-il traiter aussi durement Claude Allègre d’« imposteur », de « faussaire » ? Peut-on accepter de voir le débat ramené à une question de personne ? On sait bien que ses propos sont politiques, n’entrent pas dans le cadre d’une publication scientifique et sont destinés à faire entendre dans l’opinion des points de vue quelque peu divergents par rapport à une « vérité » politico-médiatique lourdement ressassée. La présence de multiples erreurs de détail ne doit pas masquer la pertinence de plusieurs questions de fond. Sylvestre Huet en est du reste conscient quand il ironise dans sa conclusion sur « les slogans bêtifiants du type “sauvons la planète”… ».

L’auteur méprise assez injustement les scientifiques compétents qui n’acceptent pas la totalité des conclusions du GIEC, et, quand il en parle, les présente, sans vraie justification, comme dépassés et uniquement assoiffés de reconnaissance médiatique.

De toute façon, aucune réponse n’est apportée sur la pertinence du pari pascalien qui consisterait, pour se protéger du probable réchauffement, dont l’ampleur et la dangerosité restent hypothétiques, à bouleverser dès à présent l’ensemble de nos choix techniques et sociaux. Le terme tabou de « nucléaire » n’apparaît d’ailleurs même pas dans le texte, bien qu’il soit plus proche d’une amorce de solution que les chimériques et ruineuses énergies « renouvelables ». Dans ce cadre, l’idée de Claude Allègre, « on verra bien, traitons d’abord de problèmes plus urgents, et utilisons toutes les ressources techniques existantes » reste une vue qui ne peut être rejetée de façon aussi cavalière.

La lecture de ce livre, en le considérant, même si ce n’était pas au départ le choix de Sylvestre Huet, comme un appel à des débats plus réalistes et plus sereins, pourra, au-delà de quelques querelles mesquines, susciter dans l’opinion des réflexions utiles.

1 Sylvestre Huet est journaliste à Libération et anime le blog sciences².


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Publié dans le n° 291 de la revue


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