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La Haute Autorité de Santé prend position sur les traitements de l’autisme

Publié en ligne le 16 juillet 2012 - Autisme - Autisme
par Bertrand Jordan - SPS n°300, avril 2012

La Haute Autorité de Santé (HAS) a donc émis ses « recommandations de bonne pratique » pour le traitement de l’autisme et des troubles envahissants du développement (TED). Cet avis, librement accessible sur son site 1, est présenté sous forme d’une synthèse accompagnée d’un livret de recommandations et d’un rapport très complet. Élaboré après un long travail impliquant cent cinquante personnes environ (pédopsychiatres, orthophonistes et psychomotriciens, enseignants, infirmiers, représentants d’associations de parents... sans oublier quelques psychanalystes), cet avis dresse un tableau des interventions éducatives et thérapeutiques recommandées pour l’enfant et l’adolescent, recommandations élaborées par « consensus formalisé » au sein de ce large groupe de personnes concernées par la maladie.

Il n’est évidemment pas possible de résumer ici un rapport de 465 pages, ni même une synthèse qui en compte 58, mais il est clair que seules les approches éducatives et comportementalistes sont recommandées, les thérapies d’inspiration psychanalytiques et les psychothérapies institutionnelles étant qualifiées de « non consensuelles ». Le « packing », lui, est franchement condamné, sauf dans le cadre de recherches étroitement encadrées.

C’est donc bien une condamnation, certes un peu feutrée, de la psychanalyse en tant que traitement de l’autisme. Et la presse ne s’y est pas trompée, titrant par exemple « Autisme : l’approche psychanalytique mise hors jeu » 2. Condamnation un peu feutrée, puisque une version préliminaire du rapport qualifiait ces approches de « non recommandées », condamnation néanmoins qui suscite déjà bien des remous au sein de la pédopsychiatrie française, pour laquelle Freud et Lacan gardent encore souvent l’aura des grands prophètes...

Les associations de parents, qui ont longtemps souffert du dogmatisme et de l’arrogance du pouvoir médical (et tout particulièrement de son versant « psy »), sont bien sûr très satisfaites de ce coup de semonce. Il va falloir que les pratiques changent, que les méthodes éducatives et comportementalistes (certes déjà introduites dans de nombreux cas) prennent toute leur place, et que les financements suivent, car ces techniques requièrent un encadrement renforcé... Il faudra sans doute aussi enterrer la hache de guerre, afin de mobiliser l’ensemble des institutions dans l’intérêt de l’enfant et d’une prise en charge précoce, globale et efficace de ce syndrome très handicapant.

2 Le Monde, vendredi 9 mars 2012, p. 9.


Thème : Autisme

Mots-clés : Autisme