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La mémoire manipulée - Peut-on immuniser les témoins contre les souvenirs erronés ?

Publié en ligne le 13 août 2015 -
par Céline Launay, Jacques Py et Maïté Brunel - SPS n° 312, avril 2015

Les témoins fournissent des informations déterminantes pour la résolution et la poursuite d’enquêtes criminelles. En effet, les éléments humains apportent la première piste de résolution des affaires d’homicides dans 81 % des cas, dont 44 % grâce au témoignage oculaire [1]. Si les premières constatations sur la scène de crime (indices, traces ADN, etc.) sont considérées comme des preuves objectives, il n’en reste pas moins qu’elles servent le plus souvent à corroborer un scénario reconstruit essentiellement à partir d’éléments humains. Pourtant, les erreurs judiciaires proviennent en grande partie des témoignages. Au delà des cas de témoignages mensongers, le risque est que des erreurs s’introduisent dans des témoignages de bonne foi.

Qu’est-ce qui peut amener des erreurs dans les témoignages ?

Les schémas

On a tous en mémoire le déroulement d’une soirée au restaurant, de courses au supermarché ou d’un trajet en métro. Ces événements familiers sont, en effet, organisés en catégories d’informations en mémoire, les scripts, qui simplifient notre vision du monde et nous aident à agir dans l’environnement (théorie des schémas [2]). Ainsi, un individu auquel on demandera de décrire sa dernière soirée au restaurant pourra être amené à raconter que le serveur lui a apporté les menus alors qu’ils étaient déjà posés sur la table. Chacun a également en mémoire le déroulement d’un hold-up sans même avoir jamais assisté à un tel évènement auparavant. Ce sont ces catégories d’informations, déjà présentes en mémoire dans lesquelles l’évènement vécu va être inséré, qui peuvent induire des erreurs en aidant les individus à « combler les trous » de leurs souvenirs.

Les informations provenant d’autres sources

Les témoins peuvent incorporer dans les témoignages des éléments entendus par ailleurs, via les médias ou d’autres témoins. Pour étudier ce phénomène, un paradigme de recherche dit « de désinformation » a été mis au point aux États-Unis par Elizabeth Loftus et ses collaborateurs en 1978 [3]. Ce paradigme de désinformation comprend trois étapes chronologiques avec des délais variables entre les phases : les participants regardent un évènement (un film, des diapositives…), ils sont ensuite soumis à des informations sur cet évènement, soit correctes, soit trompeuses (questionnaire, lecture ou écoute d’un récit, discussion avec un témoin ayant vu d’autres informations), puis ils répondent à un test de mémoire qui permet de tester l’exactitude de leur souvenir. Les participants soumis à des informations trompeuses ont tendance à intégrer ces suggestions à leur rappel des faits, effet appelé « désinformation ». Dans une étude princeps [3], les participants regardaient une série de diapositives montrant une voiture rouge qui tourne à un carrefour et finit par heurter un piéton. Les participants voyaient la voiture s’arrêtant soit à un panneau « Stop », soit à un panneau « Cédez le passage ». Ils répondaient ensuite à un questionnaire portant sur l’événement. Au sein de ce questionnaire, on proposait à la moitié des participants une question dirigée destinée à créer un faux souvenir : pour les sujets à qui on avait montré un panneau Stop, on leur demandait : «  est-ce qu’une autre voiture a dépassé la Datsun rouge tandis qu’elle était arrêtée au panneau “Cédez le passage” ? ». Pour ceux à qui on avait montré un panneau « Cédez le passage », on leur demandait : « est-ce qu’une autre voiture a dépassé la Datsun rouge tandis qu’elle était arrêtée au panneau “Stop” ? ». En comparaison, l’autre moitié des participants répondait à la question qui concordait avec le matériel vu préalablement. Tous devaient ensuite choisir la diapositive qu’ils avaient vue. Les participants à qui on avait suggéré une information trompeuse étaient alors seulement 41 % à choisir la bonne diapositive, alors qu’ils étaient 75 % dans l’autre condition.

La théorie du source-monitoring produit une explication à cet effet de désinformation [4] : les individus seraient généralement capables de différencier les souvenirs réels des faux souvenirs sur la base d’indices sensoriels, spatiaux et temporels contenus dans les vrais souvenirs (par exemple, distinguer un rêve de la réalité). Les erreurs d’attribution de la source seraient une des causes des faux souvenirs, en cela que l’individu estime qu’un souvenir provient d’une expérience vécue alors qu’il résulte de la suggestion ou de l’imagination. Dans le cadre du témoignage, une information entendue par ailleurs amènerait l’individu à créer une nouvelle trace mnésique sur la scène en concurrence avec la première trace, incluant l’information trompeuse. Les individus ne seraient plus capables de distinguer la source de l’information (« l’ai-je vu ou l’ai-je entendu par ailleurs ? »). Cet effet sera d’autant plus fort que les informations suggérées sont perçues comme véridiques ou crédibles (« l’autre témoin a mieux vu la scène… »).

Les types de questions posées au témoin

Dès le début du XXe siècle se sont développées, en France avec Alfred Binet et dans le monde, différentes recherches, prémices de la psychologie judiciaire scientifique, qui évaluaient la façon dont les questions dirigées pouvaient influencer le rappel d’informations en mémoire. Au début des années 1970, Elizabeth Loftus et ses collaborateurs [5] ont remis au goût du jour les travaux traitant de l’influence des questions sur le témoignage. Dans une étude princeps, les participants visionnaient une courte scène montrant un accident de voiture, puis relataient librement la scène par écrit et répondaient à une série de questions. Une partie des participants répondaient à la question « à quelle vitesse les voitures se sont-elles touchées ? » alors que d’autres répondaient à la question « à quelle vitesse les voitures se sont-elles percutées ? ». Une semaine plus tard, ces derniers reconnaissaient plus souvent, de façon inexacte, que du verre avait été brisé dans la scène de l’accident. La seule modification d’un verbe dans une question peut ainsi induire des souvenirs erronés.

Les effets des questions sur le témoignage et la mémoire dépendent aussi de la structuration du questionnement, comme l’ordre des questions. Ainsi, exposé à la question « allez-vous souvent au cinéma ? », un individu aura plus tendance à répondre positivement si auparavant il a répondu « oui » à la question « êtes-vous cinéphile ? ». Ce biais, souvent retrouvé dans les enquêtes par questionnaire, relèverait d’un besoin de consistance des individus [6]. De plus, une série de questions entraîne un jeu de questions/réponses durant lequel le témoin limite ses efforts de recherche d’informations en mémoire. Les questions fermées (qui appellent des réponses courtes, exemple : « était-il petit, grand ou de taille moyenne ? ») induisent alors de la superficialité dans les réponses. De nombreuses recherches montrent que, comparativement aux réponses à des questions ouvertes (exemple : « décrivez la voiture »), les réponses à des questions fermées sont moins riches en informations et moins exactes [7, 8, 9, 10, 11]. Enfin, les questions dirigées, celles qui induisent la réponse dans la question (exemple : « la voiture avait-elle une rayure ? »), au même titre que les informations provenant d’autres témoins ou des médias, sont susceptibles d’être intégrées au souvenir et de provoquer des erreurs.

Limiter les erreurs dans les témoignages

Lorsque les témoins et les victimes sont amenés à raconter un événement, et particulièrement un événement répété (abus sexuels, violence conjugale…), il est nécessaire de les amener à se focaliser sur leur mémoire épisodique et non sémantique. La mémoire épisodique est la mémoire des évènements vécus, alors que la mémoire sémantique représente des connaissances générales sur le monde (notre dictionnaire interne), sans que l’on sache précisément d’où viennent ces informations : chacun sait que Paris est la capitale de la France, sans se souvenir du moment précis où il l’a appris. Si l’on demande aux victimes et témoins de décrire comment se déroulaient les agressions, ils décriront un script de l’évènement et non des informations précises permettant de faire avancer l’enquête. Pour optimiser le recueil du témoignage sur un évènement précis, il s’agira alors de proposer au témoin de se centrer sur un évènement en particulier (par exemple, le dernier, le tout premier ou un évènement particulièrement marquant). Cette recommandation est spécifiquement prise en compte dans le protocole d’audition du NICHD (National Institute of Child Health and Human Development) élaboré par Michäel Lamb et collaborateurs [12] pour permettre d’optimiser le témoignage des enfants victimes d’abus sexuels.

Que ce soit dans les auditions pour les enfants ou les adultes, il est nécessaire de recourir au rappel libre ou aux questions ouvertes pour éviter l’effet délétère des questions fermées et dirigées sur la mémoire. Or, les études d’archives traitant des techniques de recueil du témoignage utilisées par les enquêteurs de police montrent qu’ils utilisent majoritairement des questions fermées, voire dirigées, pour recueillir des détails (pour une revue de questions, voir [13]). Les enquêteurs limiteraient et sélectionneraient ainsi les propos du témoin parce qu’ils recherchent des informations spécifiques pour l’enquête.

En 1984, des chercheurs américains [14] en psychologie cognitive, mettaient ainsi au point une méthode d’entretien non directif pour optimiser le rappel d’épisodes vécus (stockés dans la mémoire épisodique), composée de stratégies de rappel d’informations basées sur les théories du fonctionnement de la mémoire : l’entretien cognitif. Celui-ci amène le témoin à effectuer plusieurs rappels libres de la scène au cours d’une même audition, sans interruption de l’enquêteur, pour permettre au témoin d’accéder à un maximum d’indices de récupération. Ces indices sont d’infimes parties du souvenir, qui, une fois retrouvés, facilitent la restitution de nouvelles informations encodées en mémoire [15]. Par exemple, un témoin peut se souvenir d’une tache de sang par l’intermédiaire de différents indices de récupération comme l’interrupteur, l’entrebâillement de la porte, le soleil qui donnait sur le mur, la sensation ressentie en voyant la tache, etc. L’augmentation des indices de récupération en mémoire au fil des récits apparaît seulement lorsque le témoin peut suivre son propre cheminement mental et non en réponse à des questions fermées [16].

L’entretien cognitif

Le premier principe théorique à la base de l’entretien cognitif est que la probabilité de récupération d’un souvenir en mémoire peut être augmentée en replaçant le témoin dans des conditions contextuelles les plus proches possibles de celles présentes au moment des faits, ce qui augmentera l’accès à des indices de récupération (théorie de l’encodage spécifique, [17]). La consigne de remise en contexte mental est alors utilisée. Elle facilite le recouvrement entre les conditions d’encodage et de récupération en invitant le témoin à repenser au contexte environnemental, physique et émotionnel de la scène.

Le second principe théorique est qu’il existe plusieurs chemins possibles pour accéder à un même souvenir en mémoire [18]. Il est alors nécessaire d’amener le témoin à utiliser des stratégies différentes pour la récupération des éléments. Le témoin est d’abord invité à raconter tous les détails de la scène, même les éléments partiels, incertains, et ceux qu’il considère comme anodins, pour accéder à un maximum d’indices de récupération : c’est la consigne d’hypermnésie. Dans la version originale de l’entretien cognitif, on propose également des consignes de changement d’ordre où le témoin est encouragé à rappeler les événements selon un ordre antéchronologique (technique utilisée spontanément lorsque l’on cherche ses clés de voiture), et de changement de perspective, où il est demandé au témoin de rappeler les faits selon la perspective d’un autre protagoniste de la scène.

Depuis trente ans, les chercheurs ont proposé de nouvelles consignes susceptibles de répondre à des objectifs précis d’une audition de police comme le croquis [19], la focalisation périphérique [20], la reconstitution [21], l’entretien adapté à la description des personnes [22], etc. L’entretien cognitif est une technique efficace puisqu’il permet de recueillir 30 % à 40 % d’informations supplémentaires correctes par rapport à un entretien standard de police ou un entretien structuré (entretien dénué de stratégie spécifique de récupération de l’information en mémoire) [23, 24].

L’efficacité de l’entretien cognitif se retrouve par ailleurs dans le témoignage répété. La procédure judiciaire implique généralement plusieurs auditions d’un même témoin. Une large littérature montre que le fait d’effectuer une première tâche de rappel permet d’améliorer les performances mnésiques lors d’une tâche ultérieure de rappel, effet appelé consolidation du souvenir (pour une revue, voir [25]). L’expérience princeps sur l’entretien cognitif et la consolidation du souvenir a porté sur la capacité de l’entretien à moduler l’influence des questions dirigées sur le souvenir [26]. Les participants étaient invités à participer à une étude sur la mémoire. Pendant la tâche, deux intrus pénétraient dans la salle d’expérimentation, échangeaient quelques mots avec l’expérimentateur et volaient le rétroprojecteur. Quarante-huit heures plus tard, les participants étaient interrogés à l’aide d’un entretien cognitif écrit ou d’une consigne contrôle (« racontez un maximum d’informations sur l’incident »). Les participants testés via un entretien cognitif se montraient moins suggestibles à des questions dirigées que les participants testés à l’aide d’un entretien contrôle.

L’entretien cognitif a également montré sa capacité à réduire l’effet de désinformation chez une population d’adultes. Dans une étude de 2010 [27], les participants étaient amenés, dans un entretien de face-à-face, soit avant, soit après l’administration d’un entretien cognitif ou d’un entretien structuré (rappel libre sans stratégie de récupération de l’information), à fournir des éléments qui n’existaient pas dans la vidéo. Une semaine plus tard, les participants étaient interrogés sur ces éléments. Seul un entretien cognitif administré avant la présentation de fausses informations permet de réduire l’effet de désinformation. Cet effet a été répliqué chez les adultes mais aussi chez les enfants [28].

Pourtant, d’autres études ont montré que l’entretien cognitif, comme d’autres formes d’entretien, pouvait amener les témoins à être plus suggestibles à des questions dirigées [29] ou à augmenter l’effet de désinformation [30]. Une consigne de contrôle de leurs souvenirs, où il est explicitement demandé aux individus de ne baser leur rappel que sur ce qu’ils ont perçu, en étant informé qu’ils ont pu être ou qu’ils ont été confrontés à des fausses informations, diminue, en moyenne, de moitié l’effet de désinformation, mais rarement totalement [31]. Les témoins ne sont donc pas totalement immunisés contre les influences extérieures après avoir effectué un rappel correct de la scène. Les informations entendues par ailleurs à travers les médias, les enquêteurs ou d’autres témoins de la scène sont, alors, autant d’éléments à considérer pour rendre compte de la fiabilité d’un témoignage.

Références

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[26] Geiselman, R. E., Fisher, R. P., Cohen, G., Holland, H., & Surtes, L. (1986). “Eyewitness responses to leading and misleading questions under the cognitive interview”. Journal of Police Science & Administration, 14, 31-39.

[27] Memon, A., Zaragoza, M., Clifford, B. R., & Kidd, L. (2010). “Inoculation or antidote ? The effects of cognitive interview timing on false memory for forcibly fabricated events”. Law and Human Behavior, 34, 105-117.

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[30] LaPaglia, J. A., Wilford, M. M., Rivard, J. R., Chan, J. C., & Fisher, R. P. (2014). “Misleading suggestions can alter later memory reports even following a cognitive interview”. Applied Cognitive Psychology, 28, 1-9.

[31] Blank, H., & Launay, C. (2014). “How to protect eyewitness memory against the misinformation effect : A meta-analyis of post-warning studies”. Journal of Applied Research in Memory and Cognition, 3, 77-88.

Publié dans le n° 312 de la revue


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