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La nouvelle gestion de soi - Ce qu’il faut faire pour vivre mieux

Publié en ligne le 17 août 2013
Note de lecture de Esteve Freixa i Baqué - SPS 305, juillet 2013

Pourquoi « nouvelle » ? Parce que ce livre est une mise à jour (et non pas une simple réédition) de l’ouvrage que l’auteur avait publié, il y a exactement vingt ans, sous le titre La gestion de soi et qui était épuisé depuis. Avec son incontestable talent pédagogique, qui est sa marque de fabrique depuis la publication de son premier livre après sa « déconversion » du freudisme, Les illusions de la psychanalyse, qui devrait faire partie du programme obligatoire d’une entreprise de salubrité publique en la matière, l’auteur passe en revue une série très complète de concepts dont la compréhension et l’appropriation permettent à chacun d’entre nous de mieux analyser les situations, nos comportements et, surtout, leur interdépendance.

Résolument basées sur les principes de la psychologie scientifique, les stratégies de gestion de soi proposées par J. Van Rillaer sont pourtant parfaitement accessibles à tout un chacun, sans prérequis aucun quant aux connaissances dans le domaine. C’est, au sens noble du terme, de la très bonne vulgarisation.

Identifier et maîtriser correctement nos émotions, adapter nos comportements en fonction de leur conséquences et du contexte, désapprendre ceux qui nuisent à notre épanouissement, apprendre à en apprendre d’autres, plus adéquats tant pour notre équilibre personnel que pour l’harmonie de nos échanges avec ceux qui nous entourent, voilà « ce qu’il faut faire pour vivre mieux ».

Il ne faudrait cependant pas en conclure qu’il s’agit d’un énième essai, une variation de plus sur une psychologie de bazar très courante (qui est à la psychologie ce que les romans de gare sont à la littérature) du type : « comment se faire des amis », « comment réussir en amour » ou « le bonheur pour les nuls ». La gestion de soi que l’auteur prône s’apparente plutôt à ce mouvement dit de « déprofessionnalisation », très en vogue en Amérique latine, qui vise à transférer les savoirs et les savoir-faire des professionnels vers les usagers pour qu’ils se les approprient et puissent, à terme, se passer de leurs services et devenir pratiquement autonomes. Comme le précise George Miller, Président de la toute puissante et prestigieuse APA (Association américaine de Psychologie) : « Dans la majorité des cas, les gens devraient devenir leur propre psychologue et réaliser eux-mêmes les applications des principes que nous mettons en évidence. […] Notre responsabilité de psychologues est moins de jouer le rôle d’experts et d’appliquer la psychologie nous-mêmes que de l’offrir aux personnes qui en ont réellement besoin, c’est-à-dire, tout le monde ».

C’est bien cette démarche iconoclaste (aux antipodes, on l’aura compris, de la lourde, longue, coûteuse dépendance qu’impose le divan du psychanalyste) qu’adopte, développe et propose Jacques Van Rillaer dans son livre, qui est donc à mettre entre toutes les mains… et dans toutes les tablettes et autres liseuses.

Publié dans le n° 305 de la revue


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