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Du côté de la science

La sortie d’Afrique de l’Homme moderne

Publié en ligne le 10 septembre 2011 -
par Philippe Le Vigouroux - SPS n° 295, avril 2011

La présence de l’Homme moderne est attestée en Afrique de l’Est depuis près de 200 000 ans et les données disponibles jusqu’à présent suggéraient une migration humaine, le long du Nil jusqu’au Proche-Orient où ont été trouvées, dès les années 1930, des traces d’implantation humaines à Quafzeh et à Skhul, datées de 80 à 120 000 ans. Une migration plus tardive, autour de 60 000 ans, aurait débouché sur la colonisation de l’Europe et de l’Asie. Quelques données suggéraient également une possible route alternative, par le sud de la péninsule arabique.

Dans une étude publiée dans le magazine américain Science, fin janvier, une équipe internationale et pluridisciplinaire dirigée par le professeur Hans-Peter Uerpmann, archéologue de l’université de Tübingen, propose une nouvelle histoire de la sortie d’Afrique de l’Homme moderne. Ces chercheurs ont daté à 125 000 ans certains des outils de pierre taillée, découverts entre 2003 et 2010, sur le site d’un abri sous-roche dans le Djebel Faya, aux Émirats Arabes Unis.

En envisageant les conditions nécessaires à la migration, les scientifiques estiment que celle-ci a été possible, par le détroit de Bab al-Mandad, entre la région de Djibouti et la péninsule arabique, lorsque le niveau de la mer Rouge était au plus bas au cours d’une période glaciaire, il y a 135 000 ans. Ce n’est que vers 75 000 ans, lorsqu’à nouveau le niveau des mers baisse, qu’une nouvelle migration aurait conduit au peuplement de la Mésopotamie, puis de l’Asie d’une part et du Proche-Orient d’autre part.

Source principale : Simon J. Armitage, Sabah A. Jasim, Anthony E. Marks, Adrian G. Parker, Vitaly I. Usik, and Hans-Peter Uerpmann. The Southern Route “Out of Africa” : Evidence for an Early Expansion of Modern Humans into Arabia. Science (2011) 311 :453-456.

Publié dans le n° 295 de la revue


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