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La toute relative chaleur de l’atmosphère de Pluton

Publié en ligne le 9 août 2009 -
par Guillaume Calu - SPS n° 286, juillet 2009

En utilisant le VLT (Very Large Telescope), les astronomes de l’ESO (European Southern Observatory) ont pu collecter de nouvelles informations sur l’atmosphère de la planète naine Pluton. Les chercheurs ont trouvé des traces de méthane, de manière inexpliquée. La conséquence de cette présence gazeuse se remarque dans un écart de 40°C entre la température au sol et celle de la basse atmosphère. Cette différence reste relative, lorsque l’on sait que la température atmosphérique est de -180°C...

« Avec beaucoup de méthane dans son atmosphère, il est plus simple de comprendre pourquoi l’atmosphère de Pluton est si chaude  », commente Emmanuel Lellouch, auteur principal de cette étude. Son équipe s’est penchée sur la température de l’atmosphère de la planète naine. Bien que ténue, son existence est connue des scientifiques depuis les années 1980 et est principalement constituée de diazote. En raison de son éloignement du Soleil, son atmosphère gèle et tombe au sol lorsque l’orbite de Pluton l’éloigne de notre étoile. Lorsque la planète naine s’en rapproche, la température au sol s’élève et la glace se sublime en gaz.

Jusqu’à présent, les astronomes ignoraient comment étudier l’atmosphère de Pluton. Mais en observant les occultations stellaires 1 créées par Pluton lors de son orbite, les scientifiques disposent désormais d’un moyen de mesure indirect de la température de la planète par spectrométrie infrarouge. Les résultats, obtenus grâce à l’instrument CRIRES (CRyogenic InfraRed Echelle Spectrograph) du VLT, révèlent que l’atmosphère basse lors de la saison estivale plutonienne a une température de – 180°C, contre -220°C pour le sol.

Cette particularité de l’atmosphère plutonienne pourrait s’expliquer par la présence de méthane à la surface de la planète, qui inhiberait la sublimation du permafrost de diazote. Les chercheurs imaginent ce méthane en couche gazeuse mince, ou amassé en « poches » à la surface de la planète.

Pour en savoir plus : E. Lellouch et al. (2009). Pluto’s lower atmosphere structure and methane abundance from high-resolution spectroscopy and stellar occultations. A&A 495, L17-L21.

Publié dans le n° 286 de la revue


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