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Le Prix Nobel de Chimie 2009 rend hommage au ribosome

Publié en ligne le 1er février 2010 - SVT
par Guillaume Calu - SPS n° 289, janvier 2010

Du gène à la protéine, une succession de machineries cellulaires complexes se met en place. Cette chaîne fondamentale de la biologie moléculaire a déjà fait l’objet de travaux récompensés par le passé. C’est ainsi que quarante-sept ans après les lauréats Watson, Crick et Wilkins pour leur modèle atomique de l’ADN, et trois ans après le Prix Nobel décerné à Roger Kornberg pour la structure de l’ARN polymérase, le Prix Nobel de Chimie récompense cette année l’élucidation de la structure des ribosomes.

L’ADN est tout d’abord transcrit en ARN messager, avant que cet intermédiaire serve de matrice codée aux ribosomes afin de produire les protéines de nos cellules. Cette dernière étape fait donc l’objet d’un Prix Nobel, décerné aux chercheurs Ada Yonath, (Weizmann Institute of Science, Israël), Thomas Steitz, (Université de Yale, USA), et Venkatraman Ramakrishnan, (Medical Research Council Laboratory of Molecular Biology, UK).

Les ribosomes sont présents dans toutes les cellules vivantes. Ils se composent de deux sous-unités, une grosse et une petite. En 1980, Ada Yonath parvient à réaliser les premiers cristaux de ribosomes, bien que de mauvaise qualité. En 1990, elle a sensiblement augmenté la qualité de ses cristaux, mais éprouve encore quelques difficultés à obtenir une bonne structure. Thomas Steitz l’épaule dès 1995 dans cette tâche, et grâce aux apports complémentaires de la microscopie électronique, ils parviennent à publier une première structure à faible résolution (9 Angströms). En août 2000, Steitz et son équipe parviennent à obtenir une nouvelle structure de la grosse sous-unité ribosomique (résolution de 2,4 Angströms), tandis que Venkatraman Ramakrishnan et Ada Yonath publient de nouvelles structures de la petite sous-unité ribosomique.

Leurs contributions à l’étude des ribosomes sont essentielles. En élucidant la structure de cette machinerie cellulaire par cristallographie aux rayons X, ils ont permis à la fois une meilleure compréhension de son fonctionnement mais également la mise en évidence de sites de reconnaissance d’antibiotiques spécifiques. Ces travaux ont ainsi contribué à la mise en place de nouvelles molécules contre la tuberculose ou contre le pathogène Staphylococcus aureus.

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Mots-clés : SVT

Publié dans le n° 289 de la revue


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