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Le Prix Nobel de Médecine 2009 a un petit goût d’immortalité

Publié en ligne le 7 février 2010 - SVT
par Guillaume Calu - SPS n° 289, janvier 2010

Cette année, le Prix Nobel de Médecine revient à trois Américains pour la découverte de la télomérase, enzyme-clé dans la réparation des chromosomes, mais également impliquée dans 85 % des cancers humains. Les lauréats sont les Dr. Elizabeth H. Blackburn (Université de Californie, USA), Carol W. Greider (Université de Baltimore, USA) et Jack W. Szostak (Harvard Medical School, USA).

Les Prix Nobel Hermann Muller (1946), puis Barbara McClintock (1983) avaient déjà étudié la structure des extrémités des chromosomes, suspectant un rôle protecteur de ces télomères, mais sans pouvoir clairement étayer leurs propos.

Les travaux de nos lauréats commencent quant à eux avec Elizabeth Blackburn, qui identifie des séquences répétitives CCCCAA chez les chromosomes de Tetrahymena, un micro-organisme eucaryote cilié. La fonction de ces motifs aux extrémités de ces chromosomes n’est pas alors comprise. En 1980, elle présente ses travaux devant Jack Szostak qui se montre très enthousiaste. À eux deux, ils greffent ces motifs à des minichromosomes. Lorsque ces derniers sont injectés nus dans des cellules de levure, ils sont rapidement dégradés. Alors qu’avec ces séquences CCCCAA greffées, ils sont protégés de la dégradation ! Leurs résultats, publiés en 1982, ont un retentissement important dans la communauté scientifique.

Carol Greider recherche durant sa thèse quelle enzyme pourrait être impliquée dans la formation des télomères. Ses travaux sont encadrés par Elizabeth Blackburn. En 1984, Greider découvre des signes d’activité dans ses extraits cellulaires... Elle purifie et baptise l’enzyme « télomérase ».

Les télomères ont un rôle important dans la cellule. Ils protègent le chromosome de dégradations par les extrémités survenant à chaque division cellulaire et ont donc un rôle retardateur de la dégénérescence cellulaire. La télomérase agit en greffant des séquences protectrices à l’extrémité du chromosome. Malheureusement, chez les cellules cancéreuses, les télomérases ont une très forte activité, leur conférant un caractère « immortel ». Des traitements sont actuellement recherchés afin de réduire l’activité des télomérases lors de cures cliniques.

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Mots-clés : SVT

Publié dans le n° 289 de la revue


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