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Le parfum d’Adam (roman)

Publié en ligne le 31 mai 2007
Note de lecture d’Agnès Lenoire - SPS n° 276, mars 2007

« La nature humaine n’était peut-être pas plus hostile que la nature sauvage. »
Extrait, page 464.

Ne vous y méprenez pas : si Jean-Christophe Rufin a écrit ce roman, c’est pour mieux faire passer un message. Il s’en explique dans une post-face : il est décidé à dénoncer une forme dure d’écologie, la deep ecology, encore inconnue du public en France. Seul Luc Ferry a exposé et dénoncé l’écologie radicale dans « Le nouvel ordre écologique » (Grasset) en 1994. L’écologie radicale, c’est cette idéologie qui accuse l’être humain de tous les maux sur et contre la planète, et dont les adeptes estiment qu’il mérite d’être puni en tant que « prédateur suprême ».
Jean-Christophe Rufin est médecin, président de l’ONG « Action contre la faim » et a participé comme agent spécial à des opérations de libération d’otages dans les Balkans et en Afrique. Utilisant ses connaissances en médecine et en espionnage, domaines qui lui sont familiers, il en retire pour son roman un dynamisme et un ressort dramatique renforcés. Bien sûr l’intrigue et le suspense reposent aussi sur une peur ancestrale : la peur de ces grandes épidémies ponctuelles qui alimentent les esprits et ressurgissent avec le SRAS et la grippe aviaire. Dans le roman, il s’agira… du choléra.

Mais son talent est aussi celui d’une narration alerte, sans temps morts, sauf le temps réservé à l’analyse méticuleuse de ce qui pousse un adepte à s’engager dans cette idéologie. Son style enchantera les amateurs de romans d’actions et d’aventures. Quelques allusions à de grandes organisations écologiques existantes irriteront les écologistes modérés, mais les noms sont transformés et cela reste avant tout une fiction…

Laissez-vous emporter ! Malgré ses 548 pages ce roman se lit en un rien de temps : c’est haletant, bien ficelé, et cela donne envie d’aller voir de plus près ce qu’est dans la réalité cette écologie radicale anti-humaniste. Les références de Rufin sont en fin d’ouvrage : elles sont essentielles.

Publié dans le n° 276 de la revue


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