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Le roi des fruits : nauséabond !

Publié en ligne le 29 septembre 2005 - SVT
par Marie-Sandrine Auger

Si Shrek se réincarnait en fruit, il serait certainement un durion. Comme le célèbre personnage animé, le durion est vert et énorme (la grosseur d’un ballon de football). Il est délicieux... mais dégage une odeur infecte, que certains comparent à de l’urine de chat !

En dépit de son aspect répugnant, à l’intérieur d’une écorce rigide parcourue de dures épines, sa chaire est crémeuse et tendre, d’un jaune pastel s’apparentant à la crème brûlée. Il est une bonne source de protéines, d’hydrates de carbone et de vitamines A et B.

Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme le roi des fruits en Asie du Sud-Est, là où il est cueilli en juillet et août. Mais son statut de roi a un prix : il empeste tellement que les autorités de Singapour l’interdisent dans le métro et les hôtels. En Malaisie, en Thaïlande et aux Philippines, les restaurants qui offrent ce fruit sont munis d’un système de ventilation très puissant.

Au Canada, on le retrouve surtout dans les épiceries d’importations asiatiques, rayon des surgelés. La congélation atténue l’odeur. Les vrais amateurs peuvent s’en procurer des frais, arrivés tout droit de l’Asie par avion. Mais attention ! Plus il est frais, plus il sent fort ! Un durion réfrigéré vaut environ 8€ tandis qu’un frais peut valoir 30€.
Les acheteurs sont en majorité les membres de la communauté asiatique. Seulement en Colombie-Britannique, son importation a passé de 270 000 en 2002 à 290 000 en 2003. Il y a toutes sortes de recettes pour apprêter ce fruit exotique, mais on le sert le plus souvent accompagné de riz collant.

En faire l’essai au moins une fois, c’est risquer d’être conquis par son goût et sa texture onctueuse.
Quant à l’odeur, elle provient en partie du fait que le durian, l’arbre fruitier du durion, pousse dans un sol sulfureux. Le fruit contient également des thiols ou thioalcools, des composés organiques liquides et incolores, caractérisés par leur odeur nauséabonde. Ces dérivés d’alcool se créent lorsqu’un atome de soufre remplace un atome d’oxygène. Ils existent à l’état naturel, particulièrement dans les liliacées (ail, oignon, etc.) et dans... l’urine de putois !


Mots-clés : SVT


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