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Les « questions » des Créationnistes face à la théorie de l’évolution

Publié en ligne le 3 novembre 2005 - Créationnisme
par Guillaume Lecointre - SPS n° 268, juillet-août 2005

- « L’évolution n’est qu’une théorie, pas un fait »
- « Personne n’a jamais vu une espèce nouvelle évoluer »
- « L’évolution n’est pas scientifique parce que non testable. En d’autres termes, l’évolution n’a jamais été prouvée puisqu’on n’a pas de machine à remonter le temps »
- « L’évolution n’est pas étayée puisque les scientifiques changent tout le temps d’avis »
- « Si l’homme descend du singe, pourquoi reste-t-il des singes ? »
- « L’évolution ne peut pas expliquer comment la vie est apparue sur terre »
- « Les évolutionnistes ne peuvent pas montrer des formes de transition »
- « Les évolutionnistes expliquent bien la micro-évolution, mais pas la macro-évolution »
- « Il est mathématiquement impossible que quelque chose d’aussi complexe qu’un œil, ou qu’une bactérie, ait pu apparaître par hasard. Les êtres vivants sont si compliqués qu’ils ne peuvent qu’avoir été créés par une intelligence » 1.

Voilà les « objections » courantes faites par les créationnistes à l’encontre de la théorie de l’évolution et identifiées par John Rennie, rédacteur en chef du journal Scientific American (juillet 2002). Guillaume Lecointre apporte des arguments pour répondre à chacune d’elles dans un excellent dossier publié sur le site Sagascience du CNRS. Pour les découvrir, rendez-vous sur le site Sagascience, dossier « Qu’appelle-t-on évolution ? » 2

« D’où venons-nous ? D’où vient l’univers que nous habitons ? A ces questions aussi légitimes que lancinantes, les Hommes ont d’abord forgé des réponses dans des mythes fondés sur l’introspection, les intuitions, la révélation. [...] Au cours des siècles s’est forgée une autre approche de la connaissance du monde, fondée sur l’analyse rationnelle et la possibilité d’un dialogue organisé par la reproduction d’expériences décisives. Ces expériences manipulaient des objets réels pour interroger le monde. Cette action sur le monde réel et la déduction de conclusions vérifiables, contrôlables, fondèrent alors l’assentiment non pas sur la foi en un dogme mais au contraire sur le scepticisme, le test, la vérification. A cet égard, l’émergence de la science apparaît comme une émancipation de l’intellect, une liberté supplémentaire, un gain de civilisation. Les vérités sur les origines de notre monde n’allaient plus s’affronter sous forme de guerres de religions, mais sous la forme d’expériences et de contre-expériences ingénieuses. C’est pour cela que le créationnisme dit scientifique est, en lui-même, véritablement contradictoire : il est la volonté de fonder scientifiquement les récits de textes sacrés. Comme la construction d’un mythe n’a rien à voir avec la construction d’une affirmation scientifique, les énoncés produits par l’un et par l’autre n’ont que très peu de chances de se recouper. Mais il y a pire : il y a incompatibilité constitutive entre l’un et l’autre, tout d’abord parce que le scepticisme exigé par la science est insupportable au sacré. »


Mots-clés : Créationnisme

Publié dans le n° 268 de la revue


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