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Paul Kurtz (1925 – 2012)

Publié en ligne le 6 janvier 2013 -
Traduction et adaptation de Brigitte Axelrad à partir d’un texte publié par le Center for Inquiry - SPS n°303, janvier 2013

Né le 21 décembre 1925, Paul Kurtz s’est enrôlé dans l’armée américaine à 19 ans, en pleine Seconde Guerre mondiale. Il a participé à la Bataille des Ardennes et a servi dans une unité qui a libéré le camp de concentration de Dachau. À l’Université de New York, Paul Kurtz a étudié la philosophie avec Sidney Hook, qui avait été lui-même un protégé du philosophe pragmatique, John Dewey. Il est ensuite devenu professeur de philosophie à l’Université SUNY-Buffalo, poste qu’il a occupé jusqu’à sa retraite de l’enseignement, en 1991. À ce stade de sa carrière, Paul Kurtz s’est concentré principalement sur les méthodes d’enquête objective et sur l’histoire de la philosophie américaine.

C’est dans les années 1960 qu’il s’est impliqué dans le mouvement humaniste. En 1967, il a été nommé rédacteur en chef de The Humanist, publié par l’American Humanist Association (AHA), qui était alors la seule organisation humaniste importante du pays. Il a orienté le magazine dans de nouvelles directions, en rendant son contenu nettement plus critique à l’égard de la religion. Paul Kurtz a été, pendant plus d’un quart de siècle, une figure influente de l’International Humanist and Ethical Union (l’IHEU fondé à Amsterdam en 1952, est un réseau mondial d’organisations humanistes dont l’AFIS est membre associé).

En 1969, Paul Kurtz a lancé Prometheus Books, une maison d’édition, qui est rapidement apparue comme la marque dominante du scepticisme, de l’humanisme et de l’athéisme. Mais ce qui est sans doute le plus connu de nos lecteurs, c’est la création, en avril 1976, de la première organisation mondiale consacrée exclusivement à la critique scientifique des affirmations paranormales : le Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal (le CSICOP). Diverses personnalités sont à l’origine de cette initiative, dont, entre autres, l’écrivain et scientifique Isaac Asimov, l’auteur-mathématicien Martin Gardner et le magicien James Randi. En 2006, l’organisation a raccourci son nom en Committee for Skeptical Inquiry, en partie pour montrer que ses préoccupations se sont maintenant étendues au-delà de la cible initiale des affirmations paranormales pour inclure la compréhension publique de la science et les questions de médecine et de santé mentale.

Plusieurs mois après sa formation, le CSICOP a lancé une revue, The Zetetic, qui a pris ensuite une grande importance sous le nom de Skeptical Inquirer et qui continue à être publiée tous les deux mois. Durant ses premières années le CSICOP a encouragé la formation de groupes sceptiques locaux à travers les États-Unis et d’organisations sceptiques nationales indépendantes, à travers le monde.

L’AFIS et la revue Science et pseudo-sciences peuvent être considérées, d’une certaine façon, comme les (petites) sœurs du CSICOP et du Skeptical Inquirer.

En 1980, Paul Kurtz a lancé une nouvelle organisation, plus explicitement humaniste et laïque : le Council for Democratic and Secular Humanism (CODESH) qui édite le magazine Free Inquiry.

En 1983 1, Paul Kurtz prend l’initiative de la création de l’Académie Internationale Humaniste. Celle-ci distingue des personnalités non théistes qui entendent promouvoir (1) le libre examen dans l’ensemble des champs de l’activité humaine, (2) l’esprit et la méthode scientifiques et (3) les principes et valeurs humanistes, à commencer par les droits humains et la liberté individuelle. Depuis sa création l’International Academy of Humanism a distingué huit personnalités françaises : Etienne Baulieu, Jacques Bouveresse, Jean-Pierre Changeux, Luc Ferry, Yves Galifret, Jean-Marie Lehn, Jean-Claude Pecker (longtemps secrétaire de l’Académie) et Simone Veil.

Enfin, en 1991, c’est une troisième organisation qui voit le jour à l’initiative de Paul Kurtz, le Center for Inquiry qui a conduit une vaste gamme de programmes éducatifs, incluant un diplôme de maîtrise en ligne en collaboration avec l’Université de Buffalo. Ses bibliothèques de recherche contiennent la plus grande collection au monde de littérature humaniste et sceptique.

Paul Kurtz a écrit ou édité plus de cinquante livres pour des publics universitaires ou de large diffusion. Ses œuvres ont été traduites en plusieurs langues, notamment en français pour Le Fruit défendu. Pour une éthique laïque, H&O éditions, 2011 : voir notre note de lecture.

1 Paragraphe ajouté le 12-01-2012.

Publié dans le n° 303 de la revue


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