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Pourquoi les gens heureux vivent-ils plus longtemps ?

Publié en ligne le 7 octobre 2011
Note de lecture de Jacques Van Rillaer

Depuis l’Antiquité, des penseurs répètent que la motivation fondamentale des hommes est la recherche du bonheur (terrestre ou céleste). Ces dernières années, le nombre d’ouvrages sur cette question a véritablement explosé. Nous présentons l’ouvrage de Jordi Quoibach parce qu’il sort du lot, tant pour l’information qu’il présente que pour le sérieux scientifique.

L’auteur est docteur en psychologie de l’Université de Liège. Il a mené des expériences de psychologie à Harvard et à l’Université de Colombie britannique (Canada), généralement en collaboration. Son ouvrage paraît chez Dunod dans la collection « 100 petites expériences de psychologie », dont le titre ne rend pas bien compte du contenu. En l’occurrence, l’auteur présente 130 recherches portant sur 52 thèmes. Les expériences présentées ne sont pas de « petites expériences », mais, pour la plupart, ce sont des recherches menées par de grands noms de la psychologie contemporaine (Argyle, Kahhneman, Lyubomirsky et al.) et publiées dans les meilleures revues (Science, Psychological Science, Journal of Personality and Social Psychology). Le titre, sans doute accrocheur pour le visiteur d’une libraire, ne rend pas bien compte, lui non plus, du contenu de l’ouvrage. Un seul des 52 chapitres traite de la relation entre le bonheur et la longévité (il y est question de recherches sur la corrélation entre, d’une part, l’attitude dans la vie et, d’autre part, les troubles cardiaques et les défenses immunitaires). Les autres chapitres portent principalement sur diverses variables corrélées positivement ou négativement avec le bien-être subjectif : nationalité, âge, santé, convictions politiques, pratique sportive, entente conjugale, présence d’enfants, degré d’altruisme, souci de l’environnement, conception du travail, distance entre le domicile et le lieu de travail, etc.

L’auteur est prudent dans l’interprétation de ces corrélations. Toutefois, un ensemble de recherches montrent qu’une attitude mentale positive favorise le sentiment de bonheur, la santé et la réussite dans plusieurs domaines de l’existence. Les connaissances actuelles fournissent nombre d’idées permettant d’augmenter le sentiment de bonheur personnel et d’améliorer les relations avec autrui.

Quoidbach présente uniquement des recherches de qualité. Il ne se limite pas à des expériences américaines : il cite des travaux menés notamment en Allemagne, en Autriche, en Géorgie et dans son propre pays, lui-même ayant mené plusieurs recherches sur le bonheur et les compétences émotionnelles.

L’ouvrage étant résolument d’orientation scientifique et étant écrit de façon parfaitement compréhensible, il intéressera des lecteurs de Science et pseudo-sciences. Il est à recommander surtout à des étudiants en psychologie ou à de futurs étudiants de sciences humaines (quoique des psychologues chevronnés y apprendront encore beaucoup de choses, car l’auteur cite principalement des recherches publiées depuis l’an 2000).

Notons enfin que l’auteur a un bon sens de l’humour et que son ouvrage comporte un index des auteurs et des notions essentielles.


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