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La science telle qu’elle se fait

Publication : la course à l’échalote

Publié en ligne le 16 septembre 2011 -
par Nadine de Vos - SPS n° 295, avril 2011

Dans une tribune du journal Le Monde (21 janvier 2011), trois chercheurs de l’Université de Copenhague s’insurgent contre la course à la publication devenue indispensable en milieu scientifique et s’interrogent sur la pertinence de cette émulation forcée. À lire l’article, le slogan « publish or perish » apparaît tristement fondé : pour obtenir un poste intéressant, des subsides, une fonction académique, les chercheurs sont obligés de publier un maximum d’articles et d’être cités le plus possible dans les journaux scientifiques. On oublie qu’une publication a comme but principal d’apporter de nouvelles informations. Si ce n’est pas le cas, elle est inutile, coûteuse et chronophage. Or, la pression subie par les universitaires les incite quelquefois à publier « n’importe quoi », à perdre leur temps à faire leur promotion (y compris avec l’autocitation) afin de monter dans les classements. Si le « monde académique a toujours prétendu incarner une communauté basée sur l’échange de vues différentes et informées », il semblerait cependant que « les pratiques ne cessent de s’éloigner de cet idéal. Le constat est implacable : [les universitaires sont] supposés lire tout ce qui a de la valeur dans [leur] domaine ». Ce qui est devenu impossible, disent les auteurs de la tribune, qui ajoutent : « D’importantes contributions et opportunités de produire une meilleure recherche nous échappent en permanence ».

Nota bene. Dans le numéro de mars 2011 du magazine Pour la science, Jean-Paul Delahaye signe une rubrique « Logique et calcul » qui aborde le délicat sujet de la notation des chercheurs. Il présente le « nombre total de citations » et le fameux « h-index » ou « indicateur de Hirsch », diabolique invention de 2005, qui permet de se faire une idée (parfois fausse !) de ce que font les chercheurs. Les qualités et les défauts – parfois de graves aberrations – de cette notation expéditive des chercheurs sont expliqués.

Publié dans le n° 295 de la revue


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