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Quotient intellectuel, intelligence et génétique

Publié en ligne le 11 février 2010 - Mathématiques - Psychologie

On soupçonne souvent les psychologues d’avoir mis au point, avec le quotient intellectuel qui se veut une mesure d’intelligence, un outil de domination dont l’utilisation principale sert le recrutement des « élites » et la stigmatisation des « idiots ». Cela rappelle évidemment des épisodes sombres de l’histoire de l’humanité, de la noblesse aux ségrégations raciales.

Les théories de l’intelligence paraissent souvent caricaturales, malsaines. D’abord, n’est-il pas improbable qu’on puisse mesurer par un unique nombre quelque chose d’aussi impalpable et diversiforme que l’intelligence ? Ensuite, n’est-il pas légitime de craindre que l’abus des tests d’intelligence ne conduise à enfermer les citoyens dans des cases ? De nombreux psychologues scolaires se plaignent aujourd’hui qu’on fait d’eux des machines à QI, reléguant le contact humain au second plan pour atteindre des objectifs de productivité de plus en plus drastiques.

Mais le pire dans tout ça est cette assourdissante rumeur qui va clamant que les gènes seraient responsables de notre intelligence. Les dérives politiques possibles sont évidentes. S’appuyant sur de telles allégations, certaines personnes redoutent qu’alors le pouvoir soit en mesure de facilement justifier la soumission des classes défavorisées et la puissance grandissante d’une « élite » de gens supérieurement intelligents par nature et par naissance.

Indépendamment de la plausibilité de ces craintes, nous pouvons regarder objectivement la réalité et les données en notre possession. L’intelligence est-elle mesurable ? Qu’est-ce que le QI exactement ? En quoi les gènes l’influencent-ils ? Voilà les questions auxquelles nous tentons de répondre partiellement dans ce dossier.



Publié dans le n° 289 de la revue


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