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Résumé de thèse

Publié en ligne le 11 avril 2001 - Astrologie

Elizabeth Teissier du Cros

Le pivot et le cœur de l’astrologie, miroir d’une unicité profonde de l’univers, rappellent l’unus mundis des Anciens où le cosmos est considéré comme un grand Tout indivisible. Avec le rationalisme et ses Lumières, la scission se fit entre cœur, âme et esprit, entre raison et sensibilité. Un schisme socioculturel qui allait de pair avec une dualité dans laquelle s’inscrit encore notre culture occidentale, malgré le changement de paradigme apparu ces dernières années. Le mouvement New Age n’est pas étranger à cette mutation sociologique.

Cependant un nouveau paradigme est générateur d’un intérêt croissant pour les astres, et ce nonobstant un rejet rémanent qui perdure, lié essentiellement à la confusion et à l’amalgame fait autour des pratiques telles que voyance, tarots et autres. Par rapport notre vécu, élément fondamental au regard d’une sociologie compréhensive, wéberienne ou simmélienne, nous avons voulu privilégier le phénomène des médias, reflet du donné social, vu notre expérience en ce domaine depuis plus de vingt ans, dans et hors de l’hexagone. Terrain de recherche privilégié et lieux probables à la fois de l’adhésion souvent mêlée de fascination, et du rejet par rapport à l’astrologie. Sans oublier les multimédias, ces innovations technologiques (minitel, audiotel, internet) jouant un rôle de plus en plus considérable en nos sociétés.

A la lumière de certaines émissions télévisées ou radiophoniques choisies pour leur vertu représentative ou de certains articles de magazines - que nous avons reliés respectivement à une problématique particulière (scientisme, déterminisme, incompréhension et ignorances consécutives à l’absence d’enseignement officiel...)-, nous avons tenté d’analyser cette ambivalence de fait entre attraction et rejet ; mais aussi de définir, à l’aide d’un constat sociétal, quelle peut être la situation épistémologique de l’astrologie aujourd’hui. La valeur d’une discipline n’est-elle pas relative à ceux qui la jugent ; or ceux-ci peuvent-ils juger ex nihilo, dégagés de tout a priori, de toute influence, de toute détermination socioculturelle ?...

De plus en plus de scientifiques sont aujourd’hui interpellés, intéressés par l’astrologie, comme H. Laborit ou R. Abellio qui affirmait qu’elle « est à la fois un art, une science et une sagesse ». De plus en plus nombreux également sont ceux - médecins, psychologues ou psychanalystes - qui travaillent en collaboration avec des astrologues : une ouverture qui trahit une évolution dans le bon sens, celui des vraies lumières (Jaspers). Ces manifestations d’une transdisciplinarité féconde, ainsi que la récente expérience du Kepler-College de Seattle (Usa), première tentative depuis des siècles d’un enseignement universitaire, vont peut-être inciter certains scientifiques à dialoguer dans un esprit de bonne volonté avec les astrologues. Un tel dialogue ne pourra toutefois s’établir qu’autour d’une pensée complexe, celle qui régit le Nouvel Esprit Scientifique mais aussi le paradigme astrologique - songeons à A. Breton parlant du « jeu multidialectique que l’astrologie nécessite ». Cette ouverture, cet « assouplissement de l’esprit », nous les avons pour notre part largement pratiqués sur un plan empirique jusqu’à en devenir monomaniaque - ou plutôt métanoïaque (Pareto).

Ce qui nous permet de dire aujourd’hui en paraphrasant Kepler : « Trente années d’études pratiques - et acharnées - ont convaincu mon esprit rebelle du bien-fondé de l’astrologie ».


Mots-clés : Astrologie


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