Accueil / Séralini, les rats et les OGM : le silence médiatique

PROLONGATIONS

Séralini, les rats et les OGM : le silence médiatique

Publié en ligne le 21 février 2019 -
- Nous rendons compte ici de prolongements ou d’éléments complémentaires relatifs à des articles que nous avons publiés dans des numéros antérieurs.

Un article du Pr Gilles-Éric Séralini publié en septembre 2012 dans la revue Food and Chemical Toxicology affirmait qu’un maïs génétiquement modifié (le maïs NK 603) induisait des tumeurs sur des rats. Cette étude avait fait l’objet d’une promotion digne d’un produit marketing (livre, vidéo, communiqué de presse, diffusion sélective sous condition d’embargo…) et avait suscité une grande controverse. Très vite, la communauté scientifique avait relevé les faiblesses et erreurs méthodologiques de l’étude (voir l’article que nous avions publié à l’époque [1]). Si Food and Chemical Toxicology a très vite rétracté l’article, les autorités françaises et européennes, cédant à la rhétorique selon laquelle de la « mauvaise science » pouvait poser de bonnes questions (à savoir, ici, que les études réglementaires observant les rats sur 90 jours seraient trop courtes et inadaptées), avaient néanmoins décidé de lancer trois programmes de recherche [2].

Six ans plus tard et avec un coût évalué à 15 millions d’euros selon l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) [3], les études GRACE, G-TwYST (financées par l’Union européenne) et GMO90+ (financée par le gouvernement français) ont livré leurs conclusions [4,5]. Sans surprise, les résultats de Gilles-Éric Séralini sont invalidés et la pertinence d’études à 90 jours est confirmée. La mauvaise science a posé de mauvaises questions. L’étude initiale, bien que controversée, avait eu un retentissement médiatique et politique majeur, en France et en Europe. La réfutation passe complétement inaperçue.


Références


[1] «  Étude OGM de Gilles-Éric Séralini : les avis des agences et académies  », 22 octobre 2012. Sur afis.org
[2] Schiemann J, Steinberg P, Salles B, “Facilitating a transparent and tailored scientific discussion about the added value of animal feeding trials as well as in vitro and in silico approaches with whole food/feed for the risk assessment of genetically modified plants”, Arch Toxicol., 2014, 88 :2067-69.
[3] biotechnologies-vegetales.com
[4] “Final Report Summary – GRACE (GMO Risk Assessment and Communication of Evidence)”, juillet 2016. Sur cordis.europa.eu
[5] “G-TwYST Conclusions & Recommendations”, avril 2018. Sur g-twyst.eu

Publié dans le n° 325 de la revue


Partager cet article