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Skeptical Inquirer, novembre-décembre 2010

Publié en ligne le 28 janvier 2011 -

Les monstres

Le thème principal du numéro est consacré à la fascination que des créatures monstrueuses et imaginaires exercent sur les humains :

  • le mythe de Frankenstein, qui remonte à un roman de Mary Shelley datant de 1818, a été souvent déformé par les adaptations cinématographiques qui en font le créateur d’un monstre malfaisant, alors que le roman était plutôt une interrogation philosophique sur ce qu’est un être vivant ;
  • issu de la sous-culture vaudou, le zombie est un mort-vivant qui revient tourmenter les hommes ou prendre le contrôle de leur cerveau ;
  • bien des gens continuent à croire aux fantômes et ont même imaginé des méthodes scientifiques pour les détecter ;
  • l’apparition, largement diffusée, d’une fillette au milieu des flammes d’un incendie, est un montage photographique ;
  • les livres racontant des histoires paranormales sont un genre littéraire très répandu et ont souvent du succès ;
  • et bien d’autres créations : le golem, Pinocchio, les robots, les androïdes…

Le placebo

L’article sur l’effet placebo est le premier d’une nouvelle rubrique « La science de la médecine ». L’auteur s’élève contre l’importance donnée par certains à cet effet. Selon lui, c’est très exagéré : une fois éliminés les illusions et biais de tout ordre, on ne peut guère mettre à son actif qu’une atténuation des sensations douloureuses, dont on connaît la subjectivité, et un effet lié à la satisfaction d’être traité. Il est illusoire de prétendre que l’esprit puisse agir sur des maladies organiques. C’est une erreur de justifier de fausses médecines par cet effet qui est tout aussi présent dans des traitements à base scientifique, mais comme un simple adjuvant.

Qui nie l’évolution ?

Une étude d’opinion menée dans trois pays anglophones, États-Unis, Canada, Grande-Bretagne montre que ceux qui privilégient la création sur l’évolution sont nettement plus nombreux aux USA. Les jeunes et les hommes sont moins opposés à l’évolution que les aînés et les femmes.

Effet de la prière

De nombreuses études aux USA se penchent sur l’efficacité de la prière, faite par famille, amis ou relations du patient, sur des maux physiques. La plupart ne trouvent rien, mais une étude récente montre un léger effet. L’auteur explique que cette étude est méthodologiquement incorrecte.

Dérive en Pologne ?

En Pologne la nomenclature officielle des activités inclut celles des diseurs de bonne aventure, astrologues, sourciers. L’auteur, chercheur en psychologie, a protesté par écrit auprès du Ministre responsable, en se faisant appuyer par une pétition largement signée. Une réponse officielle du Ministre justifie cela en affirmant qu’il ne fait que tenir compte des réalités, sans préjuger de la validité de ces activités. L’auteur réplique que les « professions » de voleur, de proxénète ou de tueur à gages font elles aussi partie de la réalité, mais ne sont pas dans la classification officielle.

Bien que ce ne soit pas le sujet ici traité, on notera que dans la nomenclature française équivalente (NAF, consultable sur Internet) on trouve une rubrique « activités des astrologues et des spirites » et une rubrique « activités des guérisseurs, rebouteux, etc. ». Les sourciers et autres cartomanciens semblent oubliés.

Interview d’Adam Savage

Adam Savage, spécialiste en effets spéciaux dans les films, anime une émission Mythbusters, qui démystifie des affirmations paranormales. Il se limite à celles qui sont testables.

OVNIs, toujours

Une observation interprétée comme un OVNI a conduit un contrôleur aérien chinois à interrompre pendant une heure le trafic. Il s’agissait probablement de la planète Vénus, souvent confondue avec un OVNI. Mais on pourrait aussi avoir un hélicoptère de la police doté de puissants projecteurs, ou un lancement de fusée.

Le climat, encore

Trois livres récents défendent les positions « réchauffistes » et jettent un maximum de doutes sur les affirmations et motivations des « climatosceptiques » C’est conforme à la position de la revue qui considère qu’il est dans ses missions de défenseur de la science de lutter contre la propagande de ceux (qualifiés de « marchands de doute ») qui refusent de croire au réchauffement anthropique, comme d’autres ont dénié le lien tabac-cancer ou l’action des CFC sur la couche d’ozone. L’article n’hésite pas à comparer les climatosceptiques à ceux qui nient l’évolution : dans les deux cas, c’est présenté comme de la pseudo-science.

On peut remarquer que ces livres (et d’autres) attaquent ceux qui sont sceptiques sur le réchauffement anthropogénique, mais semblent discrets, voire muets, sur les conséquences concrètes, éventuellement nuisibles, de ce réchauffement, qui importent le plus aux politiques et aux citoyens.

Dans le courrier des lecteurs, on trouve de nombreuses lettres « réchauffistes » et de vives attaques contre Robert Sheaffer qui s’est rapproché des positions climatosceptiques (voir la recension du N° de Juillet-août 2010 sur ce site).


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