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Trafic maritime et pollution

Publié en ligne le 10 mars 2013 -
par Nadine de Vos

Depuis plus de dix ans, les scientifiques observent, par le biais d’images satellites, les traînées directement visibles laissées par les bateaux. Ces traînées claires et linéaires, qui apparaissent au sein des nuages lors du passage des bateaux, sont dues aux particules et aux gaz émis par ceux-ci. Il est également possible d’observer la trace du passage des bateaux via l’observation de leurs émissions de polluants invisibles à l’œil nu. C’est le cas du dioxyde d’azote (NO2) qui, avec le monoxyde d’azote (NO), forme les oxydes d’azote (NOx). Le NO2 est un gaz toxique en tant que tel et est également un gaz précurseur à la formation d’ozone et de particules fines. Les moteurs à combustion, tels que ceux des bateaux, sont une source majeure d’émission de NO2.

On peut ainsi voir que la concentration de NO2 est importante dans la voie de trafic maritime située entre le Sri Lanka et Singapour dans l’Océan Indien, ainsi que dans les voies maritimes du Golfe d’Aden, de la Mer Rouge, et de la Mer Méditerranée. Ces voies ne sont pas les seules voies maritimes importantes dans le monde mais elles sont particulièrement visibles car le trafic y est concentré sur une bande étroite.

On peut également voir sur la carte la pollution des villes et de l’activité de forage (off-shore) le long des côtes de la Chine, de l’Europe et des États-Unis, pollution qui occulte d’ailleurs certaines trajectoires des bateaux.
Industrie et villes ne sont pas les seules sources d’émission : les feux importants résultant de l’agriculture en Afrique du Sud y contribuent également. La foudre produit aussi des oxydes d’azote et participe ainsi à la pollution de fond. Globalement, on estime que le trafic maritime est responsable de 15 à 30 % des émissions globales de NO2. Les images satellites permettent d’améliorer ces estimations.

Source : Nasa – http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=80375 Février 2013.

La directive 2012/33/UE du 21/11/2012 du Parlement européen et du Conseil modifie la directive de 1999/32/CE en ce qui concerne la teneur en soufre des combustibles marins.
« Les émissions des navires dues à la combustion de combustibles marins présentant une teneur élevée en soufre contribuent à la pollution de l’air sous la forme d’émissions de dioxyde de soufre et de particules qui nuisent à la santé humaine et à l’environnement et contribuent aux dépôts acides. En l’absence des mesures énoncées dans la présente directive, les émissions dégagées par le transport maritime auraient bientôt dépassé les émissions générées par l’ensemble des sources terrestres. »
« La directive vise par conséquent à réduire substantiellement ces émissions et à assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement en rendant contraignantes dans l’UE les règles les plus récentes de l’Organisation maritime internationale (OMI) en matière de normes pour les combustibles marins […] »
Sources : Journal Officiel des Communautés européennes du 27/11/2012 – l_32720121127fr00010013.pdf et Conseil de l’Union Européenne – 133247.pdf

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