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Tu mourras moins bête* - La science, c’est pas du cinéma, Tome 1

Publié en ligne le 24 septembre 2015
Note de lecture de Kévin Moris

*Mais tu mourras quand même !
(quatrième de couverture)

Avec sa formation artistique, Marion Montaigne consacre une partie de son temps à tenir un blog de vulgarisation scientifique 1 depuis l’année 2008. Les articles de ce blog, ainsi que quelques inédits, sont réunis dans cette bande dessinée.

Le personnage principal de toutes ces petites histoires indépendantes est la Prof Moustache, « fille illégitime d’Albert Einstein et de Stephen Hawking ». Ainsi, la couverture annonce la couleur : il s’agit surtout de faire rire par un ton absurde et décalé ! Cette dame savante, qui porte effectivement une moustache, propose de répondre (ou de chercher les réponses) à toute une série d’interrogations que des amis lui soumettent sur de vraies fausses cartes postales, en lien avec le cinéma et les séries télévisées. Par exemple : Dans quelle partie du corps je peux me faire tirer dessus sans mourir ? J’ai peur de monter dans un avion, que faire ? Si un astéroïde fonce sur la Terre, Bruce Willis pourra-t-il nous sauver ? Pourra-t-on un jour ressusciter les dinosaures ? Que faire d’un cadavre dans l’espace ? Etc.

Souvent accompagnée de sa copine Nathanaëlle (une femme à barbe !), la Prof Moustache enchaîne donc les explications, illustrations cocasses à l’appui. Tant pour l’humour que pour le dessin, le côté trash fait penser à Reiser en son temps. C’est crado, mais c’est rigolo ! L’hémoglobine et les boyaux sont là. On pourra même admirer un plan séquence sur la dissection d’un asticot par la Prof Moustache. Et voici par exemple un dialogue entre deux explorateurs en partance pour Mars :
T’as essayé de te pendre ?
Oui.
En apesanteur ? T’es un peu con (p. 236).

De l’humour noir certes, mais aussi des explications qui tiennent la route ! En effet, Marion Montaigne va à la rencontre des scientifiques pour puiser son inspiration et s’assurer de la véracité de son propos : on peut ainsi voir la Prof Moustache menacer de torturer un astrophysicien attaché à son télescope s’il ne répond pas à ses questions ! Cela permet de faire tomber de nombreuses idées reçues popularisées par les films et les séries télévisées : par exemple, il n’est pas évident de tirer avec un fusil à pompe en le tenant d’une seule main, d’échanger son visage avec celui d’une autre personne, de creuser un trou pour aller voir le centre de la Terre ou de se téléporter. Le souci de l’explication rationnelle est constant et l’on se réjouira par exemple de voir les frères Bogdanov moqués : une tentative de téléportation pour faire revenir une personne se traduit par l’apparition des frangins : « Merde, Igor et Grichka ! » (p.150).

On notera cependant un léger inconvénient à la méthode. Pour faire rire, Marion Montaigne utilise les mêmes stratagèmes que les réalisateurs des films et séries télé : décrire des situations non réalistes. Ainsi, lorsqu’un avion de ligne est accidenté après avoir écrasé un lapin sur la piste d’atterrissage, la ficelle est évidemment un peu grosse. Mais j’espère que les lecteurs comprendront aussi que la situation où des personnages ont leurs corps qui deviennent difformes (bras qui tombent par exemple) suite à une exposition à des radiations est tout aussi caricaturale, l’auteur utilisant ces caricatures à des fins humoristiques.

Finalement, ce genre de livre, on aime ou on déteste. Pour ma part, j’ai trouvé cette lecture fort divertissante et je ne manquerai pas de lire les tomes qui suivent.


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