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Vivre seul ou bien à deux

Publié en ligne le 29 septembre 2005 - Science
par Stéphanie Gomez

Pourquoi vivre en société ? Que nous soyons des mammifères, des insectes ou des oiseaux, qu’est-ce qui nous pousse à vivre en groupes plutôt qu’en solitaire ? Depuis 30 ans, les chercheurs s’accordaient à dire que vivre en groupe favorisait la recherche de nourriture et diminuait le risque de prédation. Eh bien, Guy Beauchamp, chercheur à la Faculté de médecine vétérinaire à l’Université de Montréal, est d’un tout autre avis.

En passant en revue les études publiées sur les animaux vivant en groupe, le chercheur a découvert un fait bien étrange : « deux observations faites sur une espèce d’oiseaux sur les îles Hawaii, à 30 ans d’intervalle, montrent que leurs relations sociales auraient évolué sans qu’aucun changement n’affecte l’habitat ». En effet, en 1972, le chercheur Edwin Willis avait observé que les oiseaux de l’île vivaient en solitaire du fait de la quasi-absence de prédateurs. Curieusement, en 2003, les chercheurs Patrick Hart et Leonard Freed observaient l’effet contraire : les oiseaux de l’île vivaient en groupe.

Guy Beauchamp a donc fait une étude comparative chez 46 espèces d’oiseaux appariées : chaque espèce comprend un groupe insulaire (sans prédateurs) et un groupe continental (avec prédateurs). En comparant le mode de vie de chaque espèce d’oiseaux sur l’île et sur le continent, il s’est aperçu que le risque de prédation n’influençait pas systématiquement leur mode de vie.

La vigilance face aux prédateurs, la recherche de nourriture, la difficulté de se débrouiller seul, et le patrimoine génétique sont autant de facteurs qui favoriseraient la vie en société. Les futures recherches donneront peut-être, qui sait, de plus amples détails sur la complexité de ces relations sociales entre animaux.


Mots-clés : Science


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