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Appel en faveur de Simon Singh

Publié en ligne le 10 juin 2009 -
Traduction de la seule responsabilité de Jean-Paul Krivine


Les soussignés estiment inapproprié l’usage de la loi anglaise sur la diffamation pour faire taire les discussions critiques relatives aux pratiques médicales et à leur évaluation scientifique.


La British Chiropractic Association a engagé des poursuites pour diffamation à l’encontre de Simon Singh. La communauté scientifique aurait préféré qu’elle défende ses positions sur l’usage de la chiropraxie pour diverses affections touchant les enfants au moyen d’une discussion ouverte, à travers l’évaluation par les pairs dans la littérature médicale, ou par des débats publics dans les grands médias.

Singh affirme que les traitements chiropratiques pour l’asthme, les infections de l’oreille ainsi que d’autres affections infantiles ne sont basés sur aucun fait et aucune preuve. Lorsque des allégations thérapeutiques sont formulées sans preuve à l’appui, on doit être autorisé à fermement critiquer ces affirmations, et le public doit pouvoir accéder à ces avis.

Pourtant, la loi anglaise sur la diffamation [English libel law] est utilisée pour condamner ce genre d’analyse et peut sévèrement limiter le droit à la libre expression sur une question d’intérêt public. Il est déjà largement reconnu que cette loi est largement détournée [weighted] contre les écrivains : entre autres, les coûts de procédure sont tels que peu d’accusés ont les moyens de l’assumer. La facilité pour porter une affaire en justice, et obtenir un succès, y compris contre des écrivains en dehors des frontières, a conduit à faire de Londres la « capitale de la diffamation » dans le monde.

La liberté de questionner et de critiquer fermement, sans malveillance, est la pierre angulaire du débat et des controverses scientifiques, que ce soit dans les revues à comité de lecture, sur les sites Internet ou dans les journaux, avec le droit pour la partie opposée de répondre. Cependant, les lois sur la diffamation, et des affaires comme celle qui oppose la BCA et Simon Singh, ont un effet paralysant, dissuadant scientifiques, journalistes et écrivains scientifiques de s’engager dans des controverses sur la validité des preuves à l’appui de pratiques ou de produits. Les lois sur la diffamation découragent les débats et l’argumentation, et encouragent tout simplement le recours à la justice pour faire taire les critiques.


La loi anglaise sur la diffamation n’a pas sa place dans les controverses scientifiques portant sur des preuves et des faits. La BCA devrait discuter de preuves scientifiques en dehors des cours de justice. De plus, l’affaire BCA contre Simon Singh montre un problème plus général qui nécessite un réexamen de la loi sur la diffamation en prenant en compte la manière dont elle impacte les discussions et controverses scientifiques.

7000 signatures au 8 juin 2009.

Lire
L’article de Singh dans le Guardian
Cet article, traduit en français
Communiqué de l’Afis (9 juin 2009)


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