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Bizarre Big Bang L’épopée de la physique

Publié en ligne le 15 juillet 2004
Note de lecture d’Agnès Lenoire - SPS n° 252, mai 2002

« Et la lumière chut » Extrait, page 120.

« Faites l’expérience : plus de jeunes ont entendu parler du Big bang que de l’étoile polaire » Extrait, page 276.

D’emblée, Philippe Miné, physicien à l’école polytechnique, nous intrigue par le choix de son titre. Il s’agit pourtant d’un traité de cosmologie classique, se voulant accessible à tous, avec une touche, agréable, d’esprit critique. Philippe Miné l’annonce clairement en page 16 : le niveau de lecture est celui d’un lycéen. Cette ligne de conduite sera conservée jusqu’au bout, en particulier grâce à une multitude de grands schémas clairs et simples, qui font sa force didactique. La mission que s’est donnée l’auteur est en effet d’expliquer. Pari réussi. Il y a dans son propos une véritable volonté de transmettre et de simplifier sans déformer. D’autre part, l’auteur sait apporter un grain de sel à ses démonstrations. Vous ne connaissiez pas la méthode du rasoir d’Occam, l’histoire de l’âne de Buridan ? Vous ne connaissiez de monsieur Ort que sa découverte d’un réservoir de comètes autour du système solaire, et non sa mise en évidence, en 1932, de la matière manquante ? Philippe Miné vous l’apprendra... Par son apport inédit, il introduit une note personnelle à son discours.

Sans compter que les rétifs aux mathématiques apprécieront le tour de force que représente un exposé de physique sans équation.

La partie réservée à l’histoire de l’astronomie revêt un aspect particulier : la grande multiplicité des noms de physiciens et d’astronomes permet de valoriser toute une communauté de scientifiques, évitant ainsi de se focaliser sur un « génie ». C’est louable. Mais le revers de médaille de ce choix, c’est que, connus seulement à travers des dates, tous ces personnages sont un peu désincarnés. L’Histoire y gagne en informations et en justesse, elle y perd en dimension humaine.

L’aspect intéressant de ce livre, c’est aussi, outre son rôle didactique, le ton engagé qui l’ouvre et qui le clôt. Philippe Miné constate et regrette que la « pensée magique » soit, encore de nos jours, la « forme dominante de la réflexion ». Dans le dernier chapitre, il dénonce le principe anthropique fort, qu’il accuse d’être une simple « postdiction » d’événements déjà déroulés, donc incapable de prédictions.

Sur le plan méthodologique, le texte est émaillé de nombreux renvois. Permettant à l’auteur de ne pas répéter des notions déjà abordées, ils devraient aider le lecteur à un repérage des concepts de base. Pourtant le résultat n’est pas forcément efficace car les fréquents allers et retours nuisent à la cohésion et à la fluidité du propos.

Philippe Miné nous offre un ouvrage digne d’intérêt, personnalisé et de lecture facile. Le ton engagé du début et de la fin sur les intégrismes, le principe anthropique, le catéchisme scientifique, m’ont laissée sur ma faim par leur concision. Á quand un livre qui leur serait consacré ?


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Publié dans le n° 252 de la revue


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