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Ésotérisme et New Age au « congrès mondial de l’hypnose » à Paris

Publié en ligne le 28 juillet 2015 -
Communiqué de l’AFIS – 20 juillet 2015

Un grand congrès international «  Hypnose : racine et futur de la conscience » se tiendra à Paris fin août 2015, dont le Ministère de la culture et de la communication est l’un des partenaires [1]. Cet événement a un objectif spécifique, mis en avant par le président du congrès, le docteur Claude Virot : faire de cette manifestation une étape de la « reconnaissance de la formation par un diplôme officiel  » [2]. Mais quel genre de formation veut-on faire reconnaitre ?
Et sur quelle base ? L’engouement pour l’hypnose va croissant, mais sous ce terme se trouvent mélangées des pratiques variées, certaines relevant de l’ésotérisme. Un marché lucratif se développe et se développerait encore davantage avec une reconnaissance officielle qui ne préciserait pas clairement ce qui est « reconnu » et sur quelles bases scientifiques.

Auriculothérapie et hypnose quantique

Claude Virot est lui-même le directeur d’un « Institut de Formation et de Recherche en Hypnose et Communication Thérapeutique  » dont la plaquette de présentation a de quoi inquiéter ceux qui revendiquent une médecine fondée sur les faits et sur la science [3]. Il y est question d’auriculothérapie, discipline qui postule une correspondance entre l’oreille externe et les différents organes du corps, mais également de « multi-dissociation des Univers Parallèles » et de « physique quantique appliquée à l’hypnose », méthode propulsant le patient sur «  une autre planète de lui-même où le symptôme n’existe pas », ou encore une invitation à découvrir « les 10 commandements » représentant «  les grands éléments fondateurs de notre société » afin de « lire et relire nos histoires familiales pour nous libérer de leurs poids ».
Au passage, on ne peut que déplorer que ces formations bénéficient d’une aide de la part de l’organisme gestionnaire du dispositif de Développement Professionnel Continu (OGDPC), soit, en dernière analyse, de l’Assurance-maladie.

Ne reconnaître que les pratiques sérieuses, sur la base de solides évaluations

Ce congrès mondial de l’hypnose mélange dangereusement médecine, spiritualisme et ésotérisme. Quelques présentations relatives à la pratique en hôpital et en anesthésie sont noyées dans des thèmes comme : « hypnose et chamanisme », « corps, psyché, sexualité et cultures  », « hypnose, imagination, imaginaire, imaginal  », « lutinothérapie », « hypnose quantique  » ou « hypnothérapie énergétique ». L’« hypnothérapie énergétique », par exemple, postule [4] que « la matière, l’information et l’énergie sont les trois bases de l’Univers » et affirme qu’en «  agissant sur le corps, on change le cours de l’énergie et les images intérieures  », le tout sur fond d’un charabia mêlant « pratiques énergétiques extrême-orientales  » et « approche énergétique bio-informationnelle  ».
Pour l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS), l’utilisation de l’hypnose à des fins thérapeutiques ne passe pas par une reconnaissance aveugle de toutes ces pratiques, mais bien par une étude sérieuse de la valeur scientifique de chacune d’elles et ses indications précises d’application. Déterminer si l’hypnose est plus qu’une suggestion librement consentie passe par cette indispensable clarification dans laquelle les affirmations invérifiables ou invérifiées n’ont pas leur place. L’enjeu est également de protéger le grand public des allégations en tous genres promettant « coaching personnalisé », bien-être, remède contre les migraines incurables, solutions pour se défaire d’une addiction au tabac... Rappelons aussi les dangers de la pratique de l’hypnose par certains praticiens peu avertis ou peu scrupuleux qui entraîne la création de faux souvenirs (en particulier d’abus sexuels), véritable fléau qui a conduit aux États-Unis et ailleurs de nombreuses familles devant des cours de justice [5].

Une opération marketing

Mêlant science, ésotérisme et médecines douces, le « Congrès mondial de l’hypnose » s’apparente plus à une opération marketing qu’à un congrès scientifique et risque d’ajouter à la confusion en faisant la promotion de pratiques douteuses et non validées.


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