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Les concurrents de Kyoto se rencontrent

Publié en ligne le 17 juillet 2006 - Écologie

Six pays qui émettent à eux seuls la moitié des gaz à effet de serre de la planète. Six pays qui ont aussi formé l’été dernier une alliance anti-Kyoto. Ils ont tenu leur première rencontre en janvier 2006 et, ô surprise : leur premier message est qu’ils ne s’engageront pas à réduire leurs gaz à effet de serre.

Ils ont pourtant dûment annoncé, au terme de cette rencontre ministérielle des 11 et 12 janvier 2006, un plan pour « réduire le réchauffement planétaire ». Mais ce plan se concentre sur la recherche de solutions technologiques, et non sur des calculs d’émissions ou des taxes au pollueur, comme le Protocole de Kyoto.
Les six membres du Partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat sont : les États-Unis, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde et la Chine. Les trois derniers n’étaient pas inclus dans les négociations de Kyoto parce qu’ils font partie des pays dits en voie de développement ; les deux premiers ont refusé de signer Kyoto.
Lors de l’annonce de ce Partenariat, l’été dernier, plusieurs observateurs l’avaient décrit comme un traité « anti-Kyoto » ou à tout le moins comme une façon de mettre de la pression sur les signataires de Kyoto, afin qu’ils ne s’engagent pas plus avant - sachant que si les États-Unis, l’Inde et la Chine ne font pas partie d’un effort mondial, celui-ci perd énormément de poids.
Les signataires du Partenariat Asie-Pacifique et ceux de Kyoto se rejoignent tout de même sur un point : la nécessité d’impliquer le secteur privé. Ce dernier doit être encouragé à investir dans une économie plus « verte ». Mais bien que le Partenariat fasse reposer une bonne partie du fardeau sur l’entreprise privée, il verse très peu d’argent pour lui venir en aide.
Résultat, les groupes écologiques ont qualifié de « désastreuse » cette rencontre de Sydney. Ils sont d’autant plus frustrés que les représentants de grandes compagnies minières, de l’énergie et des métaux, étaient invités, mais pas les groupes écologistes.
Le plan voté au terme de la rencontre de Sydney prévoit la création de huit groupes de travail gouvernements-entreprises (dont un sur l’industrie du ciment, un sur l’industrie du fer, un sur l’industrie de l’aluminium, productrice par excellence d’un gaz à effet de serre appelé le PFC). Les objectifs de ces groupes de travail sont pour l’instant assez flous. L’énergie nucléaire n’est pas mentionnée.
Le communiqué final statue que les réductions de gaz à effet de serre doivent être effectuées sans nuire à la croissance économique.
Le secrétaire américain à l’Énergie a promis de demander au Congrès de débloquer 52 millions$ dans le budget 2007 pour le Partenariat Asie-Pacifique. Le premier ministre australien a avancé 75 millions$ US sur cinq ans pour appuyer la recherche et le développement de technologies propres, dont un quart pour des énergies renouvelables. Même dans la perspective limitée que vise le Partenariat, ces sommes sont insuffisantes, affirment la Fondation australienne pour la conservation et la directrice aux affaires climatiques du Fonds mondial pour la nature, citée dans le New Scientist.
Mais ces sommes permettent de mesurer vraiment quelle importance accordent les États-Unis et la Chine à la lutte contre les gaz à effet de serre, mieux que leurs interventions à la Conférence de Montréal sur les changements climatiques. Les ministres des six pays doivent se revoir en 2007.


Mots-clés : Écologie


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