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Les déchets nucléaires : état des lieux et perspectives

Publié en ligne le 28 décembre 2012
Note de lecture de Jean Günther - SPS n°301, juillet 2012

« Vous ne savez pas que faire des déchets ! » C’est là l’un des slogans, obstinément répétés, des opposants au nucléaire. À cette propagande, l’ouvrage se propose d’opposer des réponses rationnelles. Pour cela, il n’hésite pas à entrer dans des détails techniques, à expliquer les divers types de déchets générés par les activités nucléaires et à détailler les solutions spécifiques, efficaces et sûres, que l’on peut maintenant proposer.

Les auteurs, membres du CEA, se conforment à la doctrine de la filière nucléaire française : retraitement immédiat des combustibles irradiés, recyclage des substances fissiles, vitrification et stockage géologique des déchets ultimes. Que cette doctrine assure, au delà de tout doute raisonnable, la sécurité du public, y compris à très long terme, ne peut être mis en cause par un esprit rationnel et bien informé (par exemple, par la lecture du livre). On peut cependant imaginer des solutions alternatives, aussi sûres et plus économiques, mais non retenues actuellement, du moins en France.

Par exemple, est-il raisonnable de retraiter dés maintenant les combustibles usés, alors que le principal produit utile de ce retraitement, le plutonium, ne peut être convenablement valorisé faute d’avoir développé la filière des réacteurs à neutrons rapides ? Le palliatif actuellement en vigueur, qui est la valorisation de ce plutonium dans les réacteurs à eau légère (combustible MOx), est souvent critiqué, y compris par des spécialistes avertis, et n’a pas démontré son intérêt économique. La solution alternative, qui est de considérer ces combustibles usés comme un déchet provisoire, pouvant ultérieurement devenir un minerai de substances fissiles, n’est pas vue favorablement dans le livre. C’est pourtant, de facto, ce qui se fait aux États–Unis.

Les auteurs évoquent la séparation chimique des produits de fission et des actinides mineurs, de vie plus longue, et la transmutation de ceux–ci dans les futurs réacteurs à neutrons rapides, ce qui pourrait limiter la durée du stockage ultime. Ils ne cachent pas le coût et les incertitudes d’un tel projet.

Le stockage géologique des déchets à haute activité et à vie longue est certes une solution sûre, encore que fort coûteuse. Ce stockage peut-il, doit-il, être ou non réversible ? Les auteurs exposent les termes du débat, autant philosophiques que techniques, et pensent qu’il est prématuré de trancher.

Tout en ne cachant pas qu’il reste ainsi des problèmes à traiter le moment venu, les auteurs nous apportent une masse d’informations utiles à ceux qui veulent se faire une opinion basée sur la raison et non sur la propagande.

Publié dans le n° 301 de la revue


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