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La séparation entre religions et État en question - Faut-il réviser la loi de 1905 ?

Publié en ligne le 3 février 2006
Note de lecture d’Agnès Lenoire - SPS n° 271, mars 2006

« La loi, c’est l’antithèse du rapport de force local. » Henri Pena-Ruiz, page 135.

La question, sous une forme beaucoup plus affirmative, a surgi comme un boulet de canon dans la bouche du ministre de l’intérieur, nécessitant alors pour les citoyens de prendre du recul par rapport à l’effet d’annonce. Cet ouvrage participe de cet effort de réflexion à froid, dans le réalisme d’un nouveau paysage religieux et politique, celui du XXIe siècle.

Deux grandes parties le composent : deux intervenants 1 défendent une révision de la loi de 1905, puis deux autres 2 soutiendront sa pérennité. Le débat s’ouvre avec un assez long rappel historique de son contexte sociétal : les conflits ancrés de longue date, le désir fort de république égalitaire, et la motivation de citoyens politisés, qui votent en masse.

Les partisans d’une révision partent d’un constat : l’islam n’était pas présent en 1905 sur la scène religieuse française. À présent, il représente la seconde religion de France, en termes de population. La loi doit donc être aménagée dans un souci de justice. Plutôt que de multiplier les entorses, autant la réviser. Les partisans du maintien de la loi, eux, rappellent que l’article 2 (« la république ne reconnaît, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte »), s’il a été bafoué quelquefois, ne peut légaliser ses manquements. Pena-Ruiz se fait ironique : « Grilllons donc les feux rouges : on pourra ainsi réclamer leur abolition ».

Tous, partisans d’une révision ou du maintien en l’état, se retrouvent sur la nécessité d’une sphère publique bien séparée de la sphère privée, où doivent se cantonner les religions, et admettent que la loi de 1905 est en la matière une force indispensable. Tous reconnaissent aussi que l’islam devra faire un travail important sur lui-même : admettre la séparation du politique et du religieux, l’égalité entre les sexes, ainsi que l’égalité entre eux et les autres croyants ; et adhérer à une définition de la laïcité qui ne soit pas une interprétation.

En fin d’ouvrage, le texte de la loi de Séparation de 1905 figure en bonne place.

1 René Rémond, professeur d’université, président de la Fondation nationale des sciences politiques, et Christian Delacampagne, philosophe et écrivain, enseignant à Johns Hopkins University.

2 Jean Baubérot, président d’honneur de l’École pratique des hautes études (Sorbonne) est titulaire de la seule chaire consacrée à la laïcité dans l’enseignement supérieur français.
Henri Pena-Ruiz, agrégé de l’Université et docteur en philosophie, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, a été membre de la commission Stasi.


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Publié dans le n° 271 de la revue


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