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Les aventures du faux

Publié en ligne le 18 juillet 2005 -

Dans cette série, deux des aventures du faux intéresseront les sceptiques au premier chef : Orson Welles et son canular radiophonique, et la photo de Roswell.

Orson Welles, acteur et metteur en scène de génie, fut, à 23 ans, l’auteur du plus grand canular radiophonique, dans la nuit d’Halloween 1938. Il adapta en effet pour CBS, de sa voix « colossale et envoûtante », le roman La guerre des mondes de H.G. Wells, sous forme d’un bulletin d’informations qui annonçait une invasion de martiens, bulletin entrecoupé de musique insipide, afin d’exaspérer l’impatience de l’auditeur et le focaliser sur la menace qui se profilait.

Bien que l’émission fît partie d’une série hebdomadaire de pièces radiophoniques et bien qu’elle ait été bien présentée comme une fiction, la forme a trompé tous les auditeurs. La nouvelle d’une arrivée extraterrestre provoqua une panique restée célèbre dans l’histoire de l’Amérique contemporaine. Elle a aussi propulsé son auteur, d’abord dans les locaux de la police, puis dans les fastes de Hollywood qui s’arracha sa passion de la mystification, son talent de magicien, aux expériences limites.

Le Monde, sous la plume de Michel Braudeau, ne fait pas que nous relater cette histoire fantasmagorique, il en profite aussi pour mener une réflexion sur le faux et ses différents statuts sociologiques, du faux ludique, au faux dangereux, en passant par le faux qui met en danger l’identité d’un patrimoine artistique. Et nous dit qu’en France, on est viscéralement attaché aux œuvres authentiques, alors qu’aux Etats-Unis on n’a aucun scrupule à transformer des œuvres célèbres et à les présenter dans des musées, sans aucune prétention à l’authenticité. Aucune duperie, donc, seul le regard change.

Autre faux mettant en jeu la subjectivité du regard : la photo de Roswell. Qui l’a truquée et pourquoi ?, titre l’article du Monde. Michel Braudeau nous dit que quand le paysan de Roswell (Nouveau Mexique) vit l’engin dans son champ en 1947, « les ovnis faisaient alors fureur ». Ce qui fit enfler la rumeur,et s’installer un mythe, c’est la lenteur à démystifier, et la réticence à le faire clairement. L’armée mit en effet 15 ans à établir un démenti, plutôt mal bâti, et laissant la brèche ouverte aux suppositions folles.

« Après 58 ans, la rumeur de Roswell court toujours, sans queue ni tête, ni solution. » Michel Braudeau, Le Monde du 17 juillet.


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