Accueil / Notes de lecture / Les physiciens ioniens - À l’origine de la science moderne

Les physiciens ioniens - À l’origine de la science moderne

Publié en ligne le 14 mars 2010
Note de lecture de Martin Brunschwig

« Les Grecs de l’Antiquité ont donné à l’humanité ces deux splendides cadeaux : la pensée scientifique et la démocratie », p.4

L’avantage d’une conférence sur un ouvrage plus « complet », c’est que l’on va à l’essentiel ! En une petite trentaine de pages, Antoine Thivel 1 parvient à nous livrer un maximum d’informations sur ce sujet passionnant. Pour suivre son exemple et aller moi aussi au cœur de son propos, je dirais que l’auteur nous révèle à quel point la longue marche du savoir est un chemin semé d’embûches. Il indique ainsi la fragilité des éléments sur lesquels on s’appuie tant bien que mal et faute de mieux, comme les rares textes qui nous sont parvenus et l’immense travail fait jusqu’ici par l’ensemble des chercheurs. Ceux-ci ont produit bien sûr des ouvrages de références irremplaçables, qu’il convient de saluer, mais il suffit aussi d’une erreur quelque part pour que le processus général soit grippé, tout le monde s’engouffrant dans cette voie erronée... Thivel démontre ainsi que nombre des chronologies couramment admises sont en fait sujettes à caution, ou que de grosses incertitudes naissent de la déformation entre le réel « originel » et les traces qui nous en restent.

Ces distorsions, opérées dès l’origine par Aristote (et le fait que presque tous les textes se rapportant aux présocratiques nous sont parvenus par des commentaires – plutôt défavorables... – d’Aristote ou de son école), puis par les chrétiens, expliqueraient que l’on ait jusqu’ici « refusé » aux découvertes de l’école ionienne leur statut de science expérimentale. Citons Antoine Thivel pour conclure : « […] par son idée du jeu alterné entre les hypothèses et les expériences, et par ses premières tentatives de mesure des phénomènes ; il n’est pas exagéré de dire que nous avons affaire à une science expérimentale, qui n’a évidemment pas tous les acquis de la science moderne, mais qui en pose les fondements ».

1 Antoine Thivel a fait partie du Conseil d’Administration de l’Afis (de 2005 à 2007)


Mots clé associés à cet article

Cet article appartient au sujet :

Autres mots clés associés : Histoire


Partager cet article