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100 idées tordues sur le corps, la santé, le sexe…

Publié en ligne le 27 février 2009
Note de lecture de Jean-Paul Krivine - SPS n° 284, janvier 2009

Idées tordues, idées reçues : c’est cette fois-ci un livre entier qui se propose de répondre à cent questions sur la nature humaine, le sexe, les « remèdes de grand-mère », l’alimentation, etc. Non, les poils ne repoussent pas plus drus quand on les coupe ou quand on s’épile ! Deux vrais jumeaux n’ont pas les mêmes empreintes digitales. Les gauchers vivent moins longtemps en moyenne que les droitiers (mais allez lire l’explication !). Faire l’amour ne réduit pas les performances sportives (il semblerait même que ce soit l’inverse). Le thé vert n’aide pas à perdre du poids. « Laisser respirer » une blessure à l’air libre ne favorise pas une cicatrisation plus rapide. Lire dans le noir n’abîme pas les yeux. Faut-il vraiment faire le mort si l’on est attaqué par un ours ? La réponse dépend du type d’ours. Pas facile à déterminer dans le feu de l’action ! La pleine lune n’a pas d’incidence sur la criminalité ou sur le nombre de naissances.

Anahad O’Connor anime chaque semaine une chronique scientifique dans le New York Times. En tant que reporter pour ce grand journal, il traite des grandes questions scientifiques aux enjeux importants en termes de santé publique. Mais c’est sur des sujets souvent saugrenus (« tordus ») qu’il se trouve régulièrement interrogé : « Ma meilleure amie a-t-elle raison d’avoir peur des fours à micro-ondes ? Ce que mon père m’a dit sur la calvitie est-il vrai ? Comment un homme peut-il dire si une femme simule ? »

Et justement, la science a apporté beaucoup de réponses. Les protocoles rigoureux, les statistiques, les essais en double aveugle et la reproductibilité ne concernent pas que les « grandes questions », mais doivent s’appliquer, et sont appliqués à de petits sujets, petits en apparence, qui souvent prêtent à sourire, mais objets de croyances fort répandues. C’est donc un livre plein d’humour qui nous est présenté, mais toujours rigoureux et basé sur des études sérieuses. Au final, certains remèdes de bon sens sont fondés, d’autres ne sont que balivernes. Mais à chaque fois, ces petites histoires « offrent un aperçu des détours extraordinaires et parfois comiques que les scientifiques ont empruntés pour dévoiler les curiosités intrigantes et originales concernant notre santé ». Que l’on pense par exemple, aux « légions de chercheurs qui ont enfermé des gens dans des réfrigérateurs, récolté des sécrétions nasales et des vêtements mouillés pour voir si l’on peut vraiment “prendre froid” ». Seul (très petit) regret, que les sources et références des études scientifiques ne soit pas données explicitement (un petit effort sur Internet permet de les retrouver).

Publié dans le n° 284 de la revue


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