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À propos du Gala de Homéopathes sans Frontières

Publié en ligne le 9 août 2004 - Homéopathie - Médecine

Communiqué de l’AFIS : 9 août 2004

La cause peut sembler bonne et les intentions sont certainement sincères. Plusieurs vedettes de la chanson et du cinéma vont participer à un gala donné par « Homéopathes sans frontières » le 19 octobre prochain au Zénith. Le constat de cette association qui regroupe des médecins homéopathes est hélas bien réel et tragique : « les deux-tiers de la population mondiale se trouvent dans des pays dits “en voie de développement”, mais seuls 7% d’entre eux ont accès aux médicaments classiques, le plus souvent faute de moyens financiers ». C’est pour remédier à cette injustice qu’Homéopathes sans Frontières agit depuis maintenant 20 ans, avec pour objectif de transformer en réalité le vœu émis par l’Organisation Mondiale de la Santé en 1978 : « l’accès aux soins pour tous » (site Internet de l’association).

L’Homéopathie, particularité des pays riches (et principalement de quelques pays dont la France) n’a jamais fait la preuve de son efficacité.

Dans un très récent communiqué, l’Académie de médecine, qui est, rappelons-le, la plus haute autorité scientifique en la matière déclarait : « L’homéopathie est une méthode imaginée il y a 2 siècles à partir d’a priori conceptuels dénués de fondement scientifique. [...] De façon surprenante cette méthode obsolète continue à avoir de nombreux partisans, des préparations homéopathiques continuent à être produites et vendues [...] la plupart des produits homéopathiques sont présentés abusivement comme efficaces dans des secteurs variés. Ici il faut souligner qu’ils se placent dans une illégalité totale. »

Malgré la popularité de cette pratique, rien de mieux qu’un effet placebo n’a pu être mis en évidence avec les « médicaments » (dont, rappelons-le, la dilution est telle qu’ils ne contiennent pour la plupart strictement rien d’autre que le diluant). Mais si l’effet placebo est réel avec des résultats visibles pour le patient pour les pathologies fréquentes dans les pays développés (anxiété, troubles psychosomatiques), l’efficacité est nulle pour les fléaux dont souffre bon nombre de pays en voie de développement : SIDA, paludisme ou choléra par exemple.

Il s’ensuit une situation cruelle : la création d’une dichotomie entre l’usage de l’homéopathie dans les pays riches et les pays pauvres. Ici l’arsenal de granules s’applique aux petits maux, là bas, il s’appliquera aux catastrophes sanitaires. Quelle éthique dans ce comportement ?

Ce dont ont besoin les pays ravagés par ces pandémies, ce sont de médicaments qui ont fait la preuve de leur efficacité. Or, il est faux d’affirmer que seules d’insurmontables barrières financières empêchent l’accès à ces médicaments. Si cela peut être le cas pour certains traitements, comme le VIH, où la solution de licences accordées pour des génériques constitue une réelle issue, pour de nombreuses pathologies, les vaccins et les traitements existent, sont accessibles, et ne coûtent pas cher. Mais, même peu onéreux, ce « marché » n’intéresse pas. Ainsi selon l’UNICEF, en 2001, 770 000 enfants sont morts de la rougeole, le tétanos a tué la même année 200 000 enfants et 30 000 mères et la coqueluche emporte 300 000 personnes chaque année dans les pays en voie de développement. Autant de maladies pour lesquelles il existe des vaccins efficaces, (et peu onéreux, quelques dollars pour le vaccin contre la rougeole) et pour lesquels l’Homéopathie n’a pas la moindre efficacité, et aurait de plus l’inconvénient de mobiliser des circuits de distribution déjà peu développés, sans parler de l’illusion qu’elle pourrait répandre.

L’AFIS dénonce la promotion de l’homéopathie aux pays pauvres. Elle risque de donner l’illusion que de véritables traitements sont donnés à des populations déjà lourdement frappées.

Les artistes qui soutiennent l’initiative sont certainement animés des meilleures intentions. Mais ceux qui savent que les traitements homéopathiques n’ont jamais fait preuve de la moindre efficacité, en particulier pour les maladies endémiques des pays pauvres, se rendent-ils compte de la lourde responsabilité qu’ils prennent ? Ont-ils toujours bonne conscience en tant que médecins ? Les pays en voie de développement ont droit à de vrais médicaments, pas à de la poudre de perlimpinpin...


Mots-clés : Homéopathie - Médecine


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