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Barack Obama et les cellules-souches : yes he can !

Publié en ligne le 14 mai 2009 - Biotechnologies
par Guillaume Calu - SPS n° 285, avril-juin 2009

Les premières décisions du Président Obama à destination de la recherche scientifique américaine ne devraient pas tarder à être annoncées. À peine installé à la Maison Blanche, Obama a déjà marqué sa différence face aux mouvements « pro-life » en levant l’interdiction faite au gouvernement de financer publiquement les ONG qui soutiennent le droit à l’IVG. Il pourrait bien lever prochainement le veto sur le financement public de la recherche en thérapie génique imposé par son prédécesseur, G.W. Bush.

La déclaration du Président Bush en juillet 2006 1 avait fait grand bruit dans le milieu scientifique. Lors d’une allocution depuis son bureau de la Maison Blanche, entouré d’enfants issus d’embryons surnuméraires ayant fait l’objet d’une implantation chez des mères infertiles, Bush s’était fermement opposé à la recherche publique sur les cellules souches d’origine embryonnaire. Son veto gelait ainsi tout financement par des fonds fédéraux des recherches effectuées sur des lignées de cellules souches cultivées après août 2001.

La thérapie génique soulève de grands espoirs de guérison en médecine. Le veto de Bush, perçu comme un argument en faveur de la droite ultra-conservatrice et des mouvements religieux militants « pro-life », avait donc été vécu comme une défaite par les scientifiques américains. Les élections présidentielles de 2008 ont fait l’objet d’un nouvel épisode dans cette guerre idéologique, et le candidat démocrate est rapidement devenu le défenseur de la communauté scientifique, face à un conservatisme religieux fort bien incarné par la candidate à la vice-présidence Sarah Palin. Pendant sa campagne, Barack Obama avait ainsi annoncé son intention de lever l’interdiction sur le financement par le gouvernement fédéral des recherches sur les cellules souches. Mais afin que ce débat soit définitivement clos, le Congrès devra légiférer sur la question.

Pendant ce temps, la FDA a donné son feu vert à Genron, une société californienne de biotechnologies, pour lancer les premiers essais cliniques de thérapie génique humaine 2. Cette société souhaite développer les transplantations de cellules souches cultivées à partir d’embryons humains chez des patients atteints de lésions de la moelle épinière. Cette technique, qui a fait ses preuves chez le rat 3, est source d’espoir pour de nombreuses personnes quadriplégiques. Il s’agit également d’un pied de nez fait par la FDA aux mouvements religieux et créationnistes, qui après le veto de Bush, rêvaient d’une interdiction totale, sur fonds privés comme publics.

Cette décision de la FDA s’inscrit donc pleinement dans la politique scientifique et sociale de Barack Obama. S’il n’est pas le décisionnaire dans cette affaire, il est cependant permis d’espérer que le nouveau Président soutienne encore plus la recherche scientifique et s’oppose à la croisade « anti-sciences » menée par les mouvements conservateurs et religieux outre-Atlantique.

1 USA : le premier veto du Président Bush concerne les cellules souches embryonnaires. (2006) http://www.spectrosciences.com/spip....

2 Wadman M. Human embryonic stem cell trial wins approval. News@Nature 24 janvier 2009.

3 Keirstead, H. et al. J. (2005). Neuroscience 25, 4694


Mots-clés : Biotechnologies

Publié dans le n° 285 de la revue


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