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Dans le trimestriel Nouvelles clés, été 2005

Publié en ligne le 10 juillet 2005 -

L’été est l’occasion pour la revue d’inviter le philosophe de l’imprévisible et du concret.

La revue Nouvelles Clés, plutôt versée dans la spiritualité, la religion et l’écologie douce-rêveuse, invite cet été un philosophe dans ses colonnes. Quoi de plus normal ?
Il s’agit pourtant de Michel Serres, notre philosophe du concret, présenté comme « pronucléaire et amoureux de la nature sauvage, écologiste qui se moque de l’hypothèse Gaïa » Des penchants contradictoires ? Non, rien que du raisonnable.

Son entretien avec Nouvelles Clés reprend les grandes idées de ses derniers ouvrages :

-  Son explication des grandes mutations de société : l’absence de programmation génétique des comportements, de conduites formatées chez l’humain, dont la conséquence est que l’homme s’oblige aux apprentissages, se frotte à une réalité pour lui chaotique, réalité qu’il craint par-dessus tout parce qu’il va devoir s’y mesurer et s’y adapter par son ingéniosité. D’où l’émergence de cultures, de civilisations, de technologies.
-  Le refus de l’hypothèse Gaïa, absurdité selon lui, puisque rien ne justifie l’analogie : la Terre, si elle porte la vie à sa surface, n’est pas vivante elle-même. Notre philosophe lui préfère l’image plus réaliste du vaisseau spatial sur lequel nous sommes embarqués. « Nous sommes embarqués » prend tout son sens : expérimental (le vaisseau), et global (la solidarité humaine)
-  La méfiance face aux marchands d’apocalypse. L’histoire humaine est jalonnée d’annonces de fin des temps ; à chaque fois assorties d’une culpabilisation outrancière de l’homme. Serres ne nie pas les risques de notre époque (effet de serre) mais constate que les médias « tirent souvent à l’angoisse » et conseille de garder un œil critique et prudent.
-  L’adhésion au nucléaire civil, pour des raisons d’efficacité dans la lutte contre l’effet de serre.

On ne peut qu’être agréablement surpris de lire dans cette revue des propos solides qui semblent sortir des sentiers mystiques et mielleux qu’elle trace habituellement.


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