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Regards sur la science

La tuberculose des éléphants

Publié en ligne le 18 avril 2014 -
par Henri Brugère - SPS n° 306, octobre 2013

S’il n’y a maintenant aucun doute que la question des deux éléphants femelles (Baby et Népal) du Parc de la Tête d’Or de Lyon ait réactivé en France les positions biologiques (diagnostic), administratives (décisions d’euthanasie) et humanistes (protection animale), il existe aux États-Unis une situation partiellement similaire. En effet, deux éléphants d’Asie (Rama et Packy) du Zoo de l’Oregon conduisent à une gestion sanitaire différente : Rama a été diagnostiqué comme tuberculeux et Packy, bien que non formellement reconnu comme tel, l’est probablement et sera conduit à subir le même sort. Les positions américaine et française, loin d’être identiques, justifient d’ailleurs qu’il y ait actuellement un dialogue entre les intervenants de ces deux pays.

En France, si les actions conduites par des organisations de protection animale ont abouti à l’hébergement de Baby et Népal sous la tutelle de Stéphanie de Monaco [1], les recherches diagnostiques faites depuis, afin de préciser leur état sanitaire, conduisent pour l’instant à les considérer comme indemnes (test sérologique DPP – Dual Path Platform – négatif pour les deux). D’autres examens sont en cours et s’il était établi, bien que ceci soit très peu probable, que ces animaux soient tuberculeux, ils ne pourraient pas échapper à l’euthanasie. La principale raison est d’éviter les antibiorésistances qui sont un réel problème pour le traitement des humains (il y a actuellement constitution d’un plan national visant à réduire de 30 % l’usage des antibiotiques, ce qui est une nécessité de première importance).

Aux États-Unis, la position est très différente : les deux éléphants du Zoo de l’Oregon vont maintenant être soumis à un traitement qui durera une année entière [2]. La masse de principes actifs à administrer du fait de leur poids, de ce que plusieurs principes actifs seront prescrits en même temps et de la durée du traitement, est donc un motif sérieux de non-prescription en France. De plus si la décision a été prise pour que Rama soit mis momentanément en quarantaine, Packy sera laissé dans son enclos et Rama le rejoindra, car le risque pour le public est considéré comme faible. Ce point serait aussi plus que contesté en France et en Europe !

[1] Baby et Népal sur leurs terres. Var-Matin 13 juillet 2013.
[2] http://www.koin.com/2013/07/26/two-...

Publié dans le n° 306 de la revue


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