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Le goût de la science - comment je suis devenu chercheur

Publié en ligne le 9 juillet 2007
Note de lecture d’Agnès Lenoire - SPS n° 273, juillet-août 2006

« Quand j’étais tout petit, j’avais envie de livres et je n’en avais pas. Aujourd’hui j’ai terminé mon seizième ouvrage, une vraie frénésie ! […] Pour moi ce ne sont pas des revanches ni des consécrations, mais de vrais bonheurs. »
Pascal Picq, page188.

« Dans les années qui suivirent, j’hésitai longtemps entre devenir ingénieur informaticien ou faire de la biologie. »
F. Kaplan

« Toute discipline qui permettait d’exercer une certaine créativité m’intéressait. »

J.-P. Luminet

« Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, il y avait les questions.

J.-C. Ameisen

Vingt chercheurs 1 livrent ici leurs témoignages sur leur parcours personnel, en toute sincérité. Les autoportraits sont volontairement modestes, les confidences attachantes, les bilans positifs. Chez tous, on retrouve l’exhortation à l’opiniâtreté, au travail, à l’indispensable motivation, non pas dans le sens de « vocation » mais au sens d’application têtue. Car la « vocation », ce génie qui vous tombe dessus comme une révélation, est bien absente de leur vie. Modestie excessive ou bien réalité ? Je ne saurais dire. Mais je suis sûre d’une chose, car cela forme une trame solide et évidente dans leurs propos : tous ont montré dès leur plus jeune âge une curiosité insatiable, tous azimuts, un déferlement de centres d’intérêt, jusqu’à une dispersion telle que certains ne savent plus où donner de la tête.

Cette sorte d’engrenage, où les questions donnent naissance, obstinément, à d’autres questions, garde intacte leur capacité à interroger le monde, à ne jamais se satisfaire d’approximations. À n’en point douter, le secret d’un regain d’intérêt pour les sciences réside en partie dans la façon d’exploiter, d’alimenter, et de structurer cette passion naturelle des enfants. C’est Étienne Klein qui exprime le mieux cette idée : « Ils [les professeurs] veillaient à ce que la lampe du jeune entendement des élèves que nous étions soit toujours remplie d’huile et brûle. »

1 J.-C. Ameisen, J. Audouze, É.-É. Baulieu, J.-M. Brom, S. Bonnet, M. Broué, H. Chneiweiss, P.-H. Gouyon, C. Marcel et J. Hladik, S. Krief, N. Le Douarin, J.-M Levy-Leblond, F. Kaplan, É. Klein, J.-P. Luminet, J. Paul, P. Picq, P. Tassy, G. Toulouse, S. Auclair.

Publié dans le n° 273 de la revue


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