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Nanoparticules et cancer

Publié en ligne le 4 mai 2013 -
par Louis-Marie Houdebine - SPS n°302, octobre 2012

Il ne manque pas de substances toxiques pour tuer les cellules cancéreuses. Le problème est de ne pas tuer en même temps les cellules saines de l’organisme. Les ARN interférents (ARNi) découverts en 1998 sont capables d’inhiber ou de détruire spécifiquement un ARN messager et d’empêcher ainsi la synthèse de la protéine correspondante. Le séquençage de l’ensemble des gènes et en particulier de ceux qui sont fortement exprimés dans les cellules cancéreuses, permet d’identifier des cibles potentielles pour les ARNi. Les ARNi sont très aisément synthétisés chimiquement. Les ARNi se dégradent après administration à des patients. Il faut par ailleurs les cibler vers les cellules cancéreuses. Il était admis que la protéine ID4 devenait une cible de première importance pour détruire les tumeurs ovariennes. Aucune des molécules synthétiques capables d’inhiber la protéine ID4 in vitro ne s’est avérée avoir des effets anticancéreux notables. En effet, la protéine ID4 se trouve dans le noyau des cellules où les molécules exogènes inhibitrices ne vont pas. Des nanoparticules contenant des ARNi dirigés contre l’ARN messager de la protéine ID4 caractéristique des cellules tumorales ovariennes et une molécule capable de reconnaître une protéine de ces cellules ont été administrées à des souris souffrant d’un cancer expérimental. Jusqu’à 82 % des souris ont vu leurs tumeurs disparaître rapidement et sans effets secondaires apparents (voir référence ci-dessous). Les nanoparticules n’ont pas fini de nous étonner.

- Trafton A., (2012) New nanoparticles shrink tumors in mice. http://web.mit.edu/newsoffice/2012/... 0816.html

Publié dans le n° 302 de la revue


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