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Universités populaires hier et aujourd’hui

Publié en ligne le 17 avril 2013
Note de lecture de Martin Brunschwig

Le livre que vous avez entre les mains nous rappelle que des hommes et des femmes ont vu dans la transmission des savoirs une extension de la pensée critique et un préalable à la mise en œuvre d’une démocratie authentique. (Gérard Poulouin dans l’introduction)

Ce livre sur les Universités Populaires (UP), très varié, comme le sont le plus souvent les comptes rendus de colloques (puisque par définition, ils réunissent les contributions de nombreux intervenants souvent très différents) propose un large panorama de ce phénomène de société. Le principe général des UP est de proposer à un public adulte une instruction gratuite, ouverte à tous sans condition de diplômes préalables. Remis au goût du jour notamment par l’action de Michel Onfray, qui rédige ici le premier article et la postface 1, il est aussi replacé dans son contexte historique : création liée à l’affaire Dreyfus, figures marquantes, etc.

Puis, les problématiques plus actuelles sont abordées par divers exemples concrets, qui montrent que si les UP d’aujourd’hui se réclament souvent du mouvement altermondialiste ou anticapitaliste, elles sont en réalité bien plus diverses à tous points de vue. Le livre offre trop de cas pour les citer tous, mais on peut évoquer un ou deux points : les UP sont plutôt laïques, mais des prêtres ou des catholiques « sociaux » en ont aussi animé ou créé. Et on nous propose aussi des exemples d’UP à l’étranger (Russie, Suède, etc.) et de nombreux exemples régionaux qui sont autant de façon de fonctionner différentes.

Quelques constantes apparaissent tout de même, et c’est pourquoi elles pourraient intéresser certains de nos lecteurs : une confiance dans la raison et le savoir, la transmission des connaissances, l’esprit critique (même s’il est plutôt rebelle à l’autorité, y compris parfois « celle » de la science…) et la lutte contre les idées reçues. D’une manière générale, cette volonté de faire avancer la démocratie, indiquée dans l’exergue, et un humanisme que nous saluons et partageons.

Les problèmes ne sont pas éludés, comme celui-ci, commun à toutes les époques : puisque le principe est d’accepter tout le monde (« nous n’excluons que l’exclusion 2. »), comment être « vraiment » un enseignement et ne pas rejeter les couches en difficultés scolaires ou culturelles ? Chacun propose sa solution, et même si certaines interventions trop pointues n’intéresseront probablement que les spécialistes, la conclusion est une excellente synthèse et récapitule avec à-propos la diversité montrée à travers l’ouvrage.

À noter que Michel Onfray a édité en livre séparé sa contribution à ce colloque dans un livre au joli titre (Rendre la raison populaire) qui fait l’objet d’une autre note de lecture.

1 Et qui a « relancé » la vague des UP avec la création de celle de Caen en 2002.

2 Georges Deherme, l’ouvrier typographe à l’origine de la première UP.


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